Nos premières journées au Sénégal

Nous avons passé la douane mauritanienne et sénégalaise en fin de journée. La route entre Nouakchott et Diama est affreusement difficile : pistes et route déformées, tôles ondulées d’une dureté incroyable. Fendi est en souffrance. Stéphane assure la conduite malgré tout, sereinement.
Les douaniers des 2 côtés n’avaient certainement qu’une hâte c’était de regagner leurs foyers respectifs. Je savais qu’ils allaient nous solliciter pour payer des taxes/backchichs en sus, mais je n’ai pas cédé. « Je n’ai plus d’ouguiyas, je ne savais pas, etc ». Je reste de marbre. J’ai réussi à troquer quelques objets contre le passage du pont (celui-ci était vraiment payant). Le temps est pour nous. Le fait peut être d’être une femme qui négocie les déstabilise. Bref, on s’en sort plutôt bien.

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Nous apercevons les premiers Baobabs. Les 1ères impressions nous sautent aux yeux : nous soupçonnons un niveau de vie plus élevé qu’en Mauritanie. Les mosquées et maisons sont colorées et en meilleur état, les magasins mieux achalandés. Les femmes élancées se déplacent avec fierté, en boubou ou à l’européenne, les tenues varient, se côtoient, se tolèrent. La présence de stations d’essence et de routes goudronnées me font constater un net changement depuis ma dernière venue en 2008. Malheureusement ce que j’ai retrouvé se sont ces enfants mendiants, une boîte à la main, souvent en haillons, sales et qui viennent vous demander de l’argent. Ils sont placés chez un Marabout, pour leur enseignement coranique, par leurs parents, et doivent rapporter 500 CFA en fin de journée, sinon parfois….gare aux réprimandes !!! c’est un sujet sensible car on touche au sacré ! Mais qui protège les enfants ?

Nous passons notre première nuit dans un box de lavage d’une station d’essence. Pas top mais il fait déjà nuit. Je négocie la nuitée et surveillance avec le responsable de la sécurité. La TV du restaurant de la station marche à fond. Publicité pour le thé, les crèmes pour une peau plus claire, des cheveux plus brillants et raides, des clips musicaux,…et puis « WIRI,WIRI », un épisode en Wolof, du fameux feuilleton produit par Youssen Ndour, le chanteur et producteur sénégalais.

Nous arrivons en pleine élection présidentielle. Les discussions sur les résultats approximatifs du 1er tour vont bon train. Entre ceux qui veulent du changement, un plus jeune président, des progrès sociaux plus importants et ceux qui veulent la continuité des projets (eau courante, routes, ligne de train prévue à Dakar pour les voyageurs puis trains de marchandises jusqu’à Bamako)…les sénégalais, plus ici qu’ailleurs, adorent la palabre et l’humour.

Le lendemain nous nous laissons séduire par la belle ville Saint Louis, lieu de festival de jazz au printemps, l’ancien quartier colonial, le pont Faidsherbe construit par Gustave Eiffel en 1865, la gare rénovée, la cathédrale néo-classique et le palais du gouverneur.

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Ensuite direction le Lac Rose. Tao, que nous rencontrons sur le chemin, nous raconte : « Mon grand père est à l’origine du Lac. Avec 11 autres hommes ils ont creusé, creusé…Ils voulaient atteindre la mer. Ils en sont morts. 1 seul à survécu ! » .Triste histoire. J’aime son explication tout à fait poétique sur l’origine de la couleur du Lac : « lorsque la mer, si bleue, rencontre la terre rouge pendant les saisons des pluies, le Lac se colore d’un joli rose , voilà pourquoi ! » affirme-t-il. Nous séjournons au Camping « La petite Camargue ».

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Nous passons 2 jours à DAKAR pour faire le tour des compagnies maritimes CMA CGM, Bolloré, Grimaldi, Maersk, … afin d’affréter Fendi vers Cape Town en Afrique su Sud.

Dakar est une ville électrique et vivante. Un Barbès puissance 10. Bruyante et polluée, circulation chaotique, innombrables marchés colorés, agités, comme beaucoup de grandes villes en Afrique. Les contacts sont agréables, faciles.

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Nous passons la soirée chez Daouda et Seynabou (des amis de Gérard, un ami). Ils nous invitent généreusement à partager les 3 thés et un plat de mouton grillé.

Nous dormons sur un parking, en face d’une boîte de nuit. La nuit sera courte. Le camping sauvage est plus compliqué en ville.

 

Sur la route, nous profitons pour remplacer notre compresseur chez Ismaël à Rufisque, très compétent et super gentil. Pendant la réparation, Margot, la voisine, nous propose de prendre un café et nous prenons le temps de papoter. Il y a toujours du monde qui passe chez elle. Je dirai que c’est une composante ici au Sénégal. Les uns passent chez les autres. Parfois le temps d’un « Salamalékoum », « Malékoum Salam », « Manga dem ? » (comment vas-tu ?)« Mangi Fi » (Je vais bien) , « Loy def »(que fais-tu ?), « Mangi dem… »(je m’en vais)…c’est du Wolof ! ou le temps des 3, voire 4 thés (1h 30 à 2h).

Après toute cette agitation citadine, nous rêvons de plage désertique et nous voilà à Nianing, petite côte du Sénégal, où il fait bon vivre. Nous trouvons un coin de camping sauvage paradisiaque.

Après quelques sauvetages de désemsablements nous voilà partageons notre campement avec 4 jeunes, entre 21 et 24 ans : Thomas et Julien, 2 canadaniens et 2 allemands, Clémens et Ali.

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Les jours suivants, Gilbert, rencontré sur la plage, nous invite à partager un Thiep Bou Dien à Pointe Sarène, chez Jules, ancien enseignant. Abdou, professeur d’anglais et Mariama, la cuisinière partagent également ce succulent plat avec nous. Un beau moment de partage. Gilbert est originaire de Millau et vient là, chez son ami Jules depuis plus de 43 ans. Une belle amitié et quelle gentillesse. Nous parlons culture, enseignement sénégalaise et autres bricoles. La palabre va bon train.

Quelques jours auparavant, nous sommes allés dans la famille d’Ali, à Nianing, un ami de Nantes. Fallou, un de ses frères, nous fait l’honneur de nous introduire dans cette famille « élastique » avec plus de 30 personnes. Le père d’Ali a eu 3 épouses, donc plein d’enfants. Un sac de riz de 50 kg pour tenir 3 semaines, il faut bien ça en quise de cadeau.

Nous sommes rarement seuls, sur notre campement sauvage…il y a toujours du monde qui passe pour un moment de discussion. Les gardiens en tout genre (terrain, maisons vides, côte,…). Amadou passe là tous les jours et s’arrête pour discuter , ses premiers mots sont toujours : « Bonjour, Comment ça va ? Les enfants ? La famille ? Les activités ?  » Son boulot consiste à parcourir et surveiller la côte pendant des heures.

Les enfants sont très présents dans notre quotidien. Là encore, parfois ils nous demandent :  » Toubad Cadeau ! » avec un ton affirmé et qui allait de soi. Parfois ils nous observent tout simplement pendant des heures. Parfois ils parlent bien le français. Officiellement l’école est obligatoire, mais dès qu’un enfant ne travaille pas bien à l’école ou lorsqu’il peut travailler ailleurs ( à la maison, avec le père,…), ou placé dans une école coranique chez le Marabout, chez ce dernier il apprendra à réciter les versets coraniques mais plus le français.

Nous rencontrons parfois des voyageurs aux longs cours, comme ce couple londonnien : Amy et son Mari, partis jusqu’en Afrique du Sud ou cette famille allemande : André et Andy avec leur fille Romy de 3 ans, ils ont tout quittés pour partir en voyage.

Demain nous retournons à Dakar pour d’autres aventures…

Quelques choix musicaux sénégalais :

Ismaël Lô, « Sénégal »

Takeyfa

Da Brains, « Sour Naa » Rap/Hip Hop

Safary, « Faut pas forcer » Afrobeat

Wally Seck, « Mirna »

Choix de Livres :
« La Petite Peule », Mariama Barry.
« Oh pays, mon beau peuple » d’Ousmane Sembène

 

 

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