Une semaine au Cap

Nous avons repris le train de cape Town à Glencairn… Encore deux heures de retard. Décidément ce moyen de déplacement pose problème. Banquettes déchirées. Voies ensablées. L’heure de départ, comme celle d’arrivée est incertaine. S’armer de patience et prendre les choses du bon côté. Le paysage est grandiose car nous longeons la côte. Le train surplombe la mer. C’est top !

Nous arrivons à notre Air B&B, chez Heather, artiste sculptrice. Sa maison est à dix minutes à pieds de la gare. Légèrement en hauteur. Notre petit studio avec patio est parfait. Espaces optimisés, de quoi faire la cuisine avec un plat-cuiseur, vue sur l’Elses Peaking et la mer…Tous les matins et pendant sept jours nous nous réveillons avec ce joli paysage, le soleil en guise de réveil.

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Le premier jour nous le passons à Simon’s Town. En train ! Petite heure d’attente pour seulement 10′ de trajet… Ce temps nous permet de discuter avec le peu de voyageurs ici présents. Stéphane échange quelques mots avec son voisin et moi avec l’agent de sécurité de cette petite gare. Sindapi a une cinquante d’années. Le corps sec, l’allure discrète, le gilet jaune. Le visage ridé. Sindapi habite dans le deuxième grand Township d’Afrique du Sud, Khayelitsha. Le premier étant Soweto. Il fait ses trois journées de 10 heures, trois nuits, puis trois jours de repos. Trois heures de trajet par jour pour rejoindre son Township. A la question « Aimes-tu ce que tu fais ? », il me répond : « non, mais je dois bien travailler ». Je lui demande aussitôt : « Qu’aimerais tu faire d’autre si tu pouvais ? », il hésite, réfléchis…mais rien ne vient. Un autre voyageur interrompe notre conversation pour un renseignement. Puis quelques minutes plus tard il revient vers moi. Il me tend son écran de téléphone…apparaissent deux bouilles de gamins, deux garçons, 6 et 8 ans. Avec une voix émue et un léger sourire, il me confie : »voilà pourquoi je travaille, c’est pour eux, pour qu’ils puissent aller à l’école et leur acheter des livres, les uniformes, à manger. Non, vivre à Khayelitsha je ne le souhaite à personne. les maisons insalubres, la drogue, l’alcool, les gangs, ….mais vivre ailleurs c’est trop cher pour moi ».
Sindapi m’explique son travail, écoutez-le :

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Simon’s Town. Chouette bourgade de 7000 habitants, à l’architecture victorienne. Un peu plus loin, Boulders Beach, la réserve naturelle des pingouins. Il s’agit de manchots plus précisément. Seul endroit d’Afrique pour admirer ces petits bonhommes se dandiner et plonger dans la mer ou juste se sécher au soleil ou surveiller leurs oeufs. J’ai toujours trouvé ça très mignon, comme Félix, mon fiston, d’ailleurs c’est à lui que j’envoie mes premières images et vidéos.

Ecoutez les Manchots de la Blouders Beach :

Le lendemain c’est direction Cap of good Hope, le Cap de Bonne Espérance. Les trains pour Simon’s sont annulés. Encore !!! Le président de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, inaugure un nouveau train à Cape Town. Air climatisé, annonce des stations aux voyageurs dans chaque wagon, portes sécurisées, caméras de surveillance. Au programme : 7000 nouveaux trains d’ici 20 ans. Promesses à tenir. Le pays en a vraiment besoin. Période de campagnes électorales. Nous prenons un bout de route à pieds. Au bout d’une bonne heure, on craque pour un taxi Bolt pour terminer les 30 km restants.

Tout d’abord Cape Point. L’endroit le plus au Sud de l’Afrique. Vue incroyable. De là nous longeons la mer avec une jolie ballade d’une heure pour arriver au Cap de Bonne Espérance. Une halte pique-nique sur la plage qui sépare les deux caps. Impossible de se baigner ici ! L’eau est glacée. Les vagues sont hautes de plus de deux mètres. Idéal pour le surf, oui ! Un escalier en bois nous conduit jusque là. L’endroit est pratiquement désert. Les touristes se pressent pour faire la photo devant la pancarte de Cape Point et le Cap de Bonne Espérance, mais prennent rarement le temps de flâner. Le temps leur est compté. Nous avons cette chance, grâce à Fendi. Il va être en retard. Prenons les choses du bon côté ! Son arrivée était prévue fin avril, début mai. Voilà qu’il est annoncé pour le 22 mai !!!! Il y a de quoi faire ici, en attendant.

Enfin le Cap de Bonne Espérance ! Ce nom nous rappelle nos cours d’histoire. Bartolomeu Dias, explorateur portuguais avait découvert cet endroit en 1484… et lui a donné son nom. Vasco de Gama, navigateur aussi portuguais, en fait le tour, pour rejoindre les Indes. Une porte s’ouvre. La terre n’est plus plate. les continents peuvent se rejoindre.

Sur le chemin du retour nous croisons : autruches, babouins, kudu,…Le safari commence…non flûte plus tard. Une mise en bouche…

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Deux jours de mauvais temps me permettent de faire un peu d’adminstratif, du rangement dans les papiers, et bilan et déclarations diverses en relation avec mon travail, laissé en sommeil en France. La wifi fonctionne plutôt bien ici, j’en profite. Stéphane se prépare à faire un tour dans Fish Hoek, petite ville voisine. C ‘est peut être la première fois que l’on passe une journée séparée, l’un de l’autre. Même si la plupart du temps ça se passe plutôt bien, la personnalité de chacun, le besoin de liberté que nous avons chacun profondément, parfois un manque de sommeil, une fatigue, un stress lié au voyage et à ses imprévus… pourraient mettre le couple en péril. Malgré quelques frictions, le voyage impose la solidarité, la bienveillance, la tolérance, la compréhension, la prise en compte de l’autre dans ses limites ou dans ce qu’il est, nos propres limites et petits travers à accepter. L’amour en est le ciment. Nous rappelle aussi ce qui fait que l’on aime l’autre. Et cela nous rapproche à nouveau. C’est quelques heures passées séparées, comme après une journée de travail, et nous voilà contents de nous retrouver pour se conter notre journée, les petites anecdotes, reflexions du jour, etc…

Bon, je me suis un peu égarée, mais c’est certainement une question que doivent se poser certains. Comment font-ils pour être TOUT le temps ensemble ? Vous me direz….

Le lendemain, nous retournons tous les deux à Fish Hoek.

Ballade à Fish Hoek, écoutez :

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Sur la route du retour de Fish Hoek, écoutez les tirs :

 

14 avril. C’est l’anniversaire de Stéphane. Nous escaladons l’Elses Peaking. Cette montagne imposante, qui nous fait face ces six derniers jours. Randonnée de 4 heures, . Rien de bien méchant. Un paysage encore à perte de vue nous y attend. Stéphane est dans son élément. Voilà qu’il se met à courir, malgré ses genoux usés. Arrivés au sommet, l’espace infini qui s’ouvre devant nous, nous invite au silence.

Ecoutez le silence du haut de l’Elses Peaking :

La nature, décidément c’est de ça que nous avons besoin et qui nous fait vibrer. Découvrir des plantes nouvelles, apercevoir et entendre des oiseaux, observer les insectes et les lézards qui se déplacent…écouter le silence, sentir le vent se lever, frissonner aux premières gouttes de pluie ….admirer toutes ces couleurs…C’est un spectacle apaisant…Ne dis t-on pas que marcher fait du bien à l’esprit ?.. alors encore davantage si vous avez du vague à l’âme, marchez, marchez marchez……

Puis, la descente. L’heure est à l’observation, plus facile dans la descente que dans la montée. Les maisons, imposantes de part leurs tailles, leur architecture, leur degré de mise en sécurité. Ce dernier point me laisse dubitative, encore et encore. Parano culturelle ou réalité ? Fils de barbelé, parfois électrifiés, systèmes d’alarme dans CHAQUE maison, avec une pancarte ARMED RESPONSE (réponse armée).
Un, deux, voire trois chiens derrière les clôtures….Le mardi soir précédent, un agent de police animait la réunion trimestrielle des voisins à l’hôtel/restaurant de Glencairn, à 100 mètres de notre AirB&B. « Oui c’est un meeting pour rendre compte de l’actualité des faits divers dans le secteur. Mais pas d’inquiétude, ici, c’est plutôt calme. On est en sécurité ! » m’avoue le serveur.

Ecoutez, le retour de la ballade avec le bruit des chiens :

La police est peu présente dans les rues. Les sociétés privées de surveillance et les assurances sont des activités lucratives. Les sud-africains paient des fortunes pour assurer leur propre sécurité. Simple affaire de Business entretenue ? Mais ce n’est qu’une hypothèse.

Le soir nous le passons dans ce même pub/resto/hôtel. Calamars-frites et pinotage pour arroser l’anniversaire de Stéphane.

Notre semaine paisible au Cap touche à sa fin. Nous reprenons le train…mais non, la route car les trains sont annulés (encore !) pour cause de mauvais état des voies de circulation. Le sable, encore lui ! Heureusement nous voyageons léger. Vite ! un taxi Bolt. Nous filons sur Stellenbosch, à la découverte du vignoble sud africain….une autre nouvelle étape…..A très vite !

 

 

 

 

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