Rencontre des peuples Herero et Himba sur fond de safaris namibiens

Nous quittons Palmwag et reprenons la route vers Opuwo. Il fait déjà chaud. La température avoisine les 30°. C’est toujours l’hiver. Nous apercevons les premières femmes Herero vers Anabeb. Impossible de les louper. Elles sont vêtues de longues robes avec 4 jupons en dessous, les manches sont longues et bouffantes, les couleurs chatoyantes. Leur coiffe, en forme de corne. Cette tenue s’inspire de celles des missionnaires allemands de l’époque victorienne. Nous décidons de nous arrêter à Sesfontein.

Petit village avec quelques magasins de ravitaillement. Une halte s’impose pour une boisson fraîche. Les hommes sont assis de par et d’autres et attendent ou sont là tout simplement. Les femmes se baladent à deux, à trois ou seules, dans leurs robes de style victorien. Je souhaite acheter du pain, mais n’en trouverais pas. Les femmes m’envoient d’un endroit à un autre, sans vraiment montrer un grand enthousiasme, mais pas de pain en vue. L’accueil est plutôt tiède. Nous reprenons la route sans regret. Antilopes, girafes, troupeaux de vaches maigres et de chèvres s’alternent dans ce paysage plus verdoyant, plus arboré, avec du relief. Nous sommes en plein Kaokoveld. Nous croisons les premiers panneaux : attention aux éléphants qui peuvent traverser les pistes. Nous découvrons les premiers villages d’Himba, une branche des Héréro. Cinq à six cases rondes et des peaux sèchent au soleil.

Puis la ville d’Opuwo. Incroyable de part son effervescence et sa diversité de population. Femmes Himba, les seins nues, leur peau, de teinte orange foncé, badigeonnée d’un odorant mélange de beurre et d’ocre. L’odeur provenant des herbes fumées cueillies dans les montagnes, qu’elles font brûler. Elles se mettent par dessus la fumée pour absorber les odeurs. Les hommes avec leur tissu noué à la taille, sur un short ou jupette, leurs coiffures sculptées (une corne en avant), canne et coupe-coupe à la main, colliers, ceintures, gri-gri. Les femmes Héréro et leurs robes colorées.

Nous logeons au Opuwo Country Lodge. L’endroit bénéficie d’une piscine avec vue sur le bush. Nous sympathisons avec nos voisins de camping, des allemands de Cologne et de Mannheim. Karin, Günther, Heinke et Lorenz. Deux couples d’amis partis pour 6 mois à la découverte des pays de l’Afrique australe.

Andrew et son assistant

Le lendemain nous nous rendons chez le dentiste du centre, la Royal Dentist Clinic. J’ai perdu deux couronnes à force de manger des bonbons collants. Andrew Mapfungidza, le dentiste est prévenu par un appel de la réceptionniste du Lodge et nous attend. « Heum… pas très rassurant si pas de client » me dis-je. Mais cela n’est pas un critère. Le traitement des dents revient cher, « mais c’est aussi une histoire de coutumes », m’explique Andrew. « Les Herero attendent le dernier moment pour soigner les dents et préfèrent tout arracher », poursuit-il. « Ah oui en effet, j’ai constaté que tant de gens n’avaient plus de dents, et pas seulement en Namibie. En Afrique du Sud aussi ! » lui dis-je. « Une des traditions du peuple Herero et Himba est de s’arracher les quatre dents du dessous, parfois cassées par un simple caillou » me précise-t-il. Andrew fait du bon boulot. Il vient du Zimbawe. Ses gestes sont méticuleux et assurés. Son assistant est également aux petits soins. En fin d’intervention, il me nettoie les lèvres et, cerise sur le gâteau, m’applique une crème hydratante à la noix de coco pour les lèvres séchées. Franchement c’est top ! Pas de ça chez nous en France. J’en toucherai deux mots à ma dentiste.

Puis nous faisons un tour en ville, au marché de plein air. De la viande crue accrochée, quelques oranges, oignons, pommes de terre,….des herbes vendues par les guérisseurs. Au supermarché (SPAR), je discute avec deux femmes Hereros dans leur tenue traditionnelle. J’apprends qu’elles les cousent elles mêmes. Je constate que les tissus sont abîmés à certains endroits, mais de loin cela n’enlève en rien leur effet digne d’un film d’Ettore Scola.

Nous échangeons le dernier jour avec un couple du Texas, Rebecca & Ian, partis pour 6 mois en lune de miel. Echanges de bons plans et endroits sympas à voir. Ils se dirigent vers l’Afrique du Sud.

Sur la route, toujours des pistes plus ou moins en bon état, nous croisons des enfants cherchant de l’eau, ou au retour de l’école. La région semble pauvre. Plusieurs femmes ou enfants nous arrêtent sue la route pour nous demander de l’argent pour manger. Nous ne donnons pas d’argent mais un peu de nourriture ou de l’eau.
Les chutes d’Epupa apparaissent au loin. Une immense Oasis. Nous logeons au Epupa Camp Lodge. A quelques centaines de mètres à pieds des chutes. Malgré la rareté de la pluie ces dernières années, les chutes sont bien visibles. Le paysage est superbe du haut de la petite montagne d’en face. Nous y retrouvons les allemands croisés au Lodge précédent à Opuwo. Stéphane, de bon cœur leur offre une bière. Nous discutons autour de la piscine du camping où nous ne nous baignerons pas car l’eau est trouble.
Voyager à 2 est une épreuve pour le couple. Ça  passe ou ça casse. Rencontrer d’autres personnes donnent des moments de respiration de changement d’air, sans trop se laisser envahir. Cela permet aussi de parler les différentes langues dans lesquelles nous nous améliorons chaque jour, à force de les pratiquer. Et ça s’est vraiment génial. Quelle richesse ! Nous apprenons tant de choses tous les jours. Un jour, une nouveauté.

Ecoutez les chutes d’Epupa :

Epupa Falls

Les pistes vers Ruacana Falls sont dignes des montagnes russes d’un parc d’attraction. « J’ai l’impression d’être à Europapark » dis-je d’un ton enjoué. Je reprends le volant quelques heures et retrouve les plaisirs de la conduite. Ca monte et ça descend, continuellement, sans parfois voir le creux de la descende. Surprise ! Je m’amuse mais Stéphane et soucieux de la santé de Fendi. « Imagine que Fendi est une personne, à chaque gros coup porté, tu comprends… ? » me dit-il. Ouah ok je me calme….Les pistes sont vraiment géniales et les paysages qui défilent aussi. Nous longeons la Kunene River en bordure de la frontière angolaise. Fendi est entouré de 4×4 Toyota Land Cruiser /Hilux , Nissan ou Ford Ranger super-équipées. Voitures de location pour touristes étrangers ou propriétaires sud africains venus en vacances en famille ou entre amis. La Namibie est leur terrain de jeu. Ces derniers, avouons-le, sont les rois du camping et de l’équipement. Rangements, boxes, tentes, chaises, tables, matériel de cuisine,…tout est à sa place et protégés par la poussière. Nous faisons un peu « Manouche » à côté, mais ça nous va bien. A chaque arrivée, nous mettons une demie-heure pour enlever la poussière qui s’infiltre de partout. Va falloir revoir notre organisation et rangement.

Nous nous arrêtons dans un camping tenu par des Himba. Une femme, d’âge mûre, nous accueille. Les prix sont un peu aléatoires au vue de son carnet d’enregistrement. Nous payons le prix officiel. Je soupçonne la femme de ne pas savoir lire, ni de reconnaître l’argent. Cela sert au village. Nous sommes les seuls. Une rivière bord de camping avec interdiction de se baigner pour cause de présence de crocodiles. Un petit muret protège chaque emplacement de campement. Un peu plus tard arrive un jeune homme en moto. Gauthier est normand, originaire du Havre, il a 33 ans. Grand et élancé, le visage fin, les gestes courts et nombreux. Je suis impressionnée par son équipement super light : une tente, un sac à dos de 25 litres, un petit sac à dos avec un jerrican pour l’essence, basta ! Stéphane me dit de prendre exemple pour la garde robe. Il a deux caleçons longs, 1 tee T-shirt manches longues, 1 tee T-shirt manches courtes, 1 combinaison de moto, 1 casque, bottes de motards, une paire de tong et deux paires de chaussettes je crois.

Mais ce qui nous impressionne le plus c’est que Gauhtier est parti avec sa moto Suzuki 400 du Havre en décembre 2018 jusqu’en Namibie. Il venait tout juste de franchir la frontière angolaise qui n’est qu’à quelques kilomètres de là. Il a traversé tous les pays  d’Afrique de l’Ouest, avec une moyenne de 7/ 8 heures de conduite par jour ! Le Nigéria était un des pays où la tension était réelle. « Tu sens que tout peut partir d’un instant à l’autre » nous explique-t-il.
Nous lui proposons de dîner avec nous. Je prépare une grande salade de thon, riz, poivrons, maïs, petits pois, oignons, tomates,…Gauthier se régale. « Ca fait une éternité que je n’ai pas mangé de tomates » lance-t-il. Nous continuons les discussions tard dans la nuit, autour d’un bissap (infusion de fleurs d’Hibiscus. Merci Laurence !). Gauthier est bavard et attachant. Une fois de plus, nous nous sentons touts petits à côté de cet aventurier plein d’audace. « Je suis plutôt quelqu’un de stressé et d’anxieux », nous avoue-il. Son parcours a d’autant plus de mérite. Quel courage, persévérance, adaptation.

PARC NATIONAL D’ETOSHA

Le lendemain, direction Etosha. La route est bonne. Nous arrivons vers 16h20 et décidons de rentrer dans le parc, sans réservation et approvisionnement.Un contrôle à l’entrée interdit toute viande crue ou œufs. Inspection du frigo. Nous achetons un pass 3 jours sans trop savoir où nous allons dormir. Toutes les personnes que nous avons rentrées nous ont affirmées qu’il fallait réserver. Certains réservent même de longs mois voire années en avance. Tentons notre chance. Le 1er camping, Olifantrus,  est à 65 km  de la Galton Office Gate (l’entrée).Nous nous dépêchons d’arriver avant le coucher du soleil. A l’arrivée, le camping, avec ses 10 camps site, est complet. La réceptionniste nous autorise à camper dans l’espace pique-nique ou « day visitor ». Les autres campings sont trop distancés. « Circuler dans le parc après le coucher de soleil est verbalisable par les rangers. Plus de 2000 dollars namibiens. Je ne peux vous laisser repartir » nous précise-t-elle. Cela nous arrange !

Le temps de nous installer et nous filons au point d’eau à 200 mètres pour l’observation des animaux, qui viennent se désaltérer en fin de journée. L’observatoire est légèrement surplombant sur la « waterhole » (Point d’eau).  Le spectacle est grandiose. Des dizaines d’éléphants s’avancent. Puis c’est au tour des rhinocéros. La nuit tombée, nous observerons les Hyènes, Chacals,

Ecoutez les éléphants boire :

Eléphants boivent
Eléphants

Nous sympathisons avec nos voisins. Dean, guide namibien de Tsumeb, accompagnant deux japonais, Shina et Yoshi, et un bushman, dont j’ai oublié le prénom. Shina et Yoshi tiennent un restaurant japonais à Düsseldorf, dans la Klosterstr. 72, le « Yaki-The-Emon ».

Plus tard nous retournons au point d’eau pour y découvrir girafes, springboks, zèbres, Gemsboks(Oryx), Chacals, Hyènes,…Une lumière rouge éclaire le point d’eau à la tombée de la nuit. Ce qui permet d’observer en silence les animaux sans les perturber.

Les pistes sont difficiles. Tôles ondulées, poussière, trous, caillasse. Fendi est secoué dans tous les sens sur les pistes d’Etosha. Nous nous rapprochons de chaque point d’eau. Sur le parcours nous croisons Girafes, Eléphants, Springboks, Black Face Impala, Kudu, Red Hartebeest, Blue Wildbeest , zèbres, …parfois en route vers le prochain point d’eau.

Autour des points d’eau, nous pourrions passer des heures à observer les animaux.

Nos deux autres campements seront Okaukuejo et Halali. Même topo. Pas de réservation. Okaukuejo est un vaste camping, avec de nombreux emplacements spacieux. Nos voisins sont sud-africains. Equipement parfait. Le point d’eau fait penser à un théâtre antique. Grand cercle d’observation. Plus de monde, de groupe. Mais également beaucoup d’animaux seront présents lors de notre passage.

Ecoutez les rhinocéros boire, prendre un bain de boue et péter…

Rhino 1
Rhino 2
Rhino 3

L’autre campement Halali, de taille moyenne, avec un observatoire plus éloigné. Les animaux sont visibles d’assez près. Juste avant, nous nous arrêterons au Salt Pan d’Etosha. Vaste désert de plaine salée. Calme, quiétude, seul le vent léger et doux se fait entendre.

Alors qu’est ce que nous retenons de toutes ces observations ? Les dominants des points d’eau sont les éléphants. Ils se mettent en cercle, lorsque le point d’eau le permet. Les éléphanteaux sont au milieu. Deux, trois mâles se mettent en position de « gardien » autour du cercle. Les femelles protègent les petits (voir article sur Addo Elephant Park sur les éléphants). Ils chassent les zèbres qui voudraient s’approcher en balançant leur trompe d’avant en arrière. Nous avons vu un éléphant se voir reléguer à l’extérieur du cercle, peut être parce qu’il voulait boire avant tout le monde. Il est resté à l’extérieur un bon moment et s’est vu se remettre en place après plusieurs tentatives de rapprochement.

La Girafe attend son tour, en faisant les cent pas. Le Rhinocéros prend son temps pour boire silencieusement. Ses petites oreilles bougent d’avant en arrière au moindre bruit. Puis, un peu plus loin, trouve une pierre pour aiguiser sa corne, recherche ensuite la boue pour en faire son bain. Il se lâche et pète à plusieurs reprises.

Le Chacal s’avance d’un pas incertain et paraît constamment sur ses gardes. Très nerveux au moindre bruit, relève la tête, recule, avance, repart, tente de boire puis redresse la tête, repart, revient,…

Ecoutez la hyène :

Hyène

La Hyène avance de côté, avec la tête vers le bas, le dos rond.

Le Kudu mâle, avec ses grandes cornes, surveille le reste du troupeau et attend avant de boire. Les animaux apparaissent comme des figurants d’une scène de théâtre. Parfois immobiles, ils attendent, peut être dorment-ils ? Font quelques pas, repartent dans un sens, reviennent.

Ecoutez les oiseaux près du point d’eau :

Oiseaux près du point d’eau
Loup ?
Loup ?

C’est la fin du 3ème jour dans le Parc National d’Etosha. Nous nous dirigeons vers la sortie. Fendi fait des drôles de bruit au niveau du barre brise, côté droit, la batterie chauffe étrangement et dégage une forte odeur, le compresseur a lâché, une durite est percée….va falloir faire un tour chez un garagiste pour un contrôle général….mais avant cela nous devons nous poser quelque part pour la nuit, car le soleil commence à se coucher. Une ferme Guest House Camping à Sachsenheim se trouve à quelques kilomètres. Nous y passerons la nuit. L’endroit est très isolé mais au vert. Voire les 1ères pelouses, après des pistes de poussière, de terre et de cailloux depuis si longtemps nous fait du bien.

Ensuite va falloir filer sur Tsumeb pour trouver un garagiste. Affaire à suivre…..

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