Le Botswana en toute liberté

Nous sommes le 20 juillet et nous quittons Maun. A peine 20 km plus loin, la belle route bitumée s’arrête. La route est défoncée. Tôle ondulée, sable, poussière, trous,…et j’en passe. A quelques kilomètres plus loin, un homme est adossé à sa remorque, à l’arrêt, de l’autre côté de la route. L’axe de la roue de la remorque est rompu. Nous lui demandons : « Do you need help ? ». « No, Thanks » répond-il. Son compagnon de route est déjà parti pour un dépannage. Mais il fait très chaud. Nous approchons de midi et le soleil brûle. Son front perle de sueurs. Nous lui laissons une bouteille d’eau. Son sourire revient pour un court instant. Nous continuons cette piteuse route jusqu’au Moremi Game Reserve.

Le Moremi Game Reserve.

Nous arrivons en début d’après midi et avons à peine le temps de traverser ce joli parc national. Une fois de plus les paysages sont dignes des safaris du Kalahari. Herbes hautes et jaunies par le soleil et la saison sèche, arbres secs, morts, arbres dont le feuillage va du vert foncé au jaune, en passant par des dégradés de vert. Un vent très léger souffle à peine.

Nous venons à la rencontre des girafes, des éléphants sur notre route ou en bord de chemin. Vers la fin de journée nous croiserons des babouins, des zèbres et des springboks.

Nous faisons une pause vers un très grand point d’eau et apercevons des hippopotames, des blue wildbeest et un troupeau d’éléphants au loin. Les éléphants marquent leur présence récente par leur immenses crottes bien fraîches et rondes.

Le soleil se couche et les couleurs de l’herbe jaune, des arbres morts donnent une ambiance « famille Adams ». L’air est si doux. Un léger vent souffle toujours. Un sèche cheveu géant est allumé. Nous devons nous presser pour sortir du Parc de Moremi. Fermeture à 18h30. Et voilà que nous sommes arrêtés, sur la piste, par un troupeau d’éléphants. Les éléphants sont plutôt calmes, mais lorsqu’il y a des petits, la maman défend sa progéniture à tout prix lorsqu’elle sent un danger. Nous attendons le passage de la troupe. Mais voilà que l’un des éléphanteaux s’arrête pour se mettre sur ses fesses et se frotter au sol…c’est très drôle. Mais le temps passe….Un peu plus loin deux autres éléphants nous fixent du regard. Nous finirons par rependre la piste, sans quitter les éléphants des yeux…nous ressortons du parc avec du retard. Pas de barrière. La sortie est facile. Le soleil se couche vers 18h15 et ne met que 15 minutes pour finir sa descente. Il fait nuit très rapidement. Mais où allons nous dormir ? Nous avions repéré un « Wild » à quelques kilomètres. Mais pourquoi pas tenter chez l’habitant. Le réseau du Botswana ne propose pas cette formule. Camping, Lodge, hôtel, quelques Guesthouse, …Essayons. Cela ne coûte rien d’essayer, à part s’octroyer un refus…

Le matin même, nous nous étions fait la réflexion sur notre manière de voyager. Le Botswana est notre coup de cœur africain. Mais approcher les habitants, et découvrir de plus près leur manière de vivre et passer un moment avec eux, relève d’une démarche personnelle active. Parfois, nous profitons lors de nos achats ou moments d’attentes pour s’intéresser aux gens qui nous entourent. Ainsi la vie des gens est révélée, du moins sur leur travail, leur habitudes, la vie du pays,…

Nous traversons le village de Kwaïn. Nous apercevons quelques habitations dans cette fin de journée qui s’assombrit avec le coucher de soleil.

Nous apercevons une petite maison et quelques personnes autour d’un feu traditionnel et décidons de nous y arrêter. Bothata, la maîtresse des lieux, nous accueille avec un grand sourire. Je demande simplement : « Est ce possible de garer notre voiture à côté de votre maison pour la nuit ? » en lui précisant, pour la rassurer, que nous sommes autonomes pour l’eau, le couchage, la cuisine.
« Yes of course, you are welcome », me répond-elle avec son « friendly » sourire et ses yeux brillants. Deux voisins sont venus la saluer et repartiront quelques minutes plus tard. Bothata a deux garçons : Tickey, 7 ans et Kago, 4 ans. Un peu intimidés par notre venue, nous observent du coin de l’oeil. Notre installation, avec quelques mètres de distances, est une curiosité. Une fois l’installation terminée, Stéphane sort un ballon de foot, apporté de France,  et c’est parti pour les jeux, les rires,…et le « ice breaking »(rompre la glace).

Fendi est installé entre la petite maison de Bothata (environ 6 M2 de superficie) et sa salle de bain (une toile de tente carrée avec une petite baignoire et un sceau pour les ablutions).

De l’eau chauffe dans un récipient cylindrique, posé sur le feu de bois. Les garçons sont appelés à prendre leur bain. Ils obéissent au doigt et à l’oeil.

Comme je ne connais pas trop les habitudes de dîner, je demande à Bothata si elle a déjà mangé. « Non, mais tu sais nous ne mangeons pas beaucoup le soir, un bout de pain tartiné et ça suffit. Nous mangeons bien le midi » s’excuse t-elle presque. Je lui propose de cuisiner des pâtes, avec une sauce tomate améliorée avec mes épices italiennes, marocaines, sénégalaises et sud-africaines. Elle accepte la proposition de suite avec son joli sourire.

Nous partagerons ce modeste repas au coin du feu. Le feu sacré. Celui qui réunit les hommes, délit les langues et réchauffe par la même occasion. Mais pour Bothata c’est aussi  et surtout sa « cuisinière ». Dans sa petite maison il y a tout juste de la place pour un grand lit et pour une petite table pour poser quelques aliments. Son terrain est assez grand pourtant. Des arbres et des fleurs sont plantés. . Jeunes pousses que les éléphants s’amusent à grignoter certaines nuits…. Oui les éléphants….voire des lions, peuvent se balader un peu partout et surtout à Kwaï, où le Park Moremi est à deux pas. « Il suffit juste de se mettre à l’abri, laisser une lumière ou un feu, mais éviter les balades au clair de lune », nous laisse entendre le voisin de Bothata, précédemment. Le ciel brille de mille étoiles au-dessus de nos têtes. Aucune lumière artificielle ne vient perturber notre champs de vision. En Afrique, le ciel paraît parfois si proche que l’on pourrait presque toucher les mille et une étoiles.

Le nuit se passe. Des bruits au loin. Peut être des lions ?

Bothata a le sourire. Les enfants guettent notre levée. Surtout le petit Kago est aux anges avec Stéphane qui s’amuse avec lui.

La veille nous avons appris que Bothata a perdu son mari dans un accident de voiture, il y a 10 mois à peine. « Je suis contente d’entendre les enfants rire » me dit-elle. Bothata travaille à Maun, dans un hôtel. Elle a du mérite. Les enfants sont adorables, désormais elle doit les élever seule. Après un petit déjeuner partagé avec la petite famille, la voisine revenue nous saluer, Stéphane échangeant quelques coups de ballons avec les petits, nous reprenons la route pour le Chobe National Park.

Le Chobe National Park

L’entrée dans le parc de Chobe est des plus désagréables. D’une part, l’accès n’est autorisé que lorsqu’on a une réservation pour un camping ou un Lodge à l’intérieur, d’autre part, le camping est hors de prix : 50 dollars US/personne/nuit. La plupart des autres camping nous payons entre 8 et 10 euros/jour/personne. Comme notre philosophie du voyage est de ne rien prévoir mais de toujours tenter, nous ne rentrons pas dans le système de fonctionnement du Botswana et cela ne plaît pas trop à la petite dame à l’accueil du Parc de Chobe.

Je lui demande, avec un grand sourire : «  J’ai besoin de vos conseils justement pour trouver une réservation. Quel camping est susceptible de nous accueillir ? », mais mon sourire ne fait pas miroir. Elle nous trouvera tout de même une place au Camping Savuti. Et c’est parfois le résultat qui compte.

Nous serons au centre du parc, donc plutôt bien placés. Le camping est des plus simples et ne mérite pas ce prix excessif.

Cela pose réellement un problème. Le système du Botswana pousse les gens à réserver sans souvent pouvoir honorer leur présence le jour en question par les touristes. Les routes et pistes sont parfois si mauvaises que plus de temps est nécessaire pour les trajets. C’est complet sans l’être réellement. Il reste donc toujours des places. D’autre part, des tours opérateurs bloquent des places en priorité.

Mais nous tenions particulièrement à barouder dans ce joli parc de Chobe. Nous nous installons à notre campement vers 16h, au bout de 5 heures de pistes. Le parc est immense. A 50 euros la nuit, camping le plus cher jamais payé dans ma vie, on peut bien se permettre une bonne douche bien chaude pour se détendre et se nettoyer de toute cette poussière accumulée sur les pistes avant de reprendre les pistes pour le coucher du soleil.

Les routes sont terriblement belles, étroites et sinueuses. Je comprends le sens des mots « game drive » lorsque l’on fait des safaris. L’impression d’être dans un jeu de conduite, avec des obstacles, des apparitions, des difficultés,…

La diversité des arbres, les dégradés de tons savanes : jaune, orange, marron, gris,…sont un régale pour les yeux. La plupart des rivières sont à sec, malheureusement et heureusement pour nos yeux et la chance de voir plus d’animaux se rassembler autour des points d’eau.

Un peu avant le coucher du soleil nous quittons le campement pour retrouver la waterhole (point d’eau) à quelques centaines de mètres de là. Quelques voitures sont arrêtées pour observer les animaux venus s’abreuver. Nous y retrouvons les suisses de Lausanne rencontrés au Kalahari. Ils nous apprennent qu’une lionne est à proximité avec 7 lionceaux. « Les avez-vous vus ? »  nous demande Eric. Nous l’attendons religieusement, mais en vain. Et pourtant des dizaines d’oiseaux sont là tout près…

ECOUTEZ les oiseaux près du point d’eau au Chobe National Park :

Le ciel est coloré d’ bleu ciel poudré, d’un côté, et rose-orangé de l’autre. Puis c’est le retour au campement. Stéphane fera un feu (un vrai pro). Dans la nuit nous entendrons les éléphants et des lions au loin.

Le lendemain, nous nous mettons à la recherche des lionceaux sans trop embêter la lionne, certainement non loin de là. Eric nous a laissé des repères. Puis nous demandons à un ranger croisé un peu plus loin sur une piste. Après une bonne demi-heure de traque, nous les apercevons à a sortie d’un buisson d’arbres. Ils sont 4. Les autres sont cachés. Certainement dans le buisson avec la ou les lionnes mamans.

Plus loin nous verrons des autruches, des girafes, des éléphants, des oiseaux fabuleux, …

Et puis un pique nique sous un arbre, à l’ombre, en ce milieu de journée, nous laisse apprécier le silence, dans un paysage de rêve.

Kasane

Nous arrivons à Kasane en parcourant les routes bitumées du Botswana, après 50 km de « Bad Road » (mauvaise route). Nous traversons un parc et retrouvons girafes et éléphants en train de traverser la route. C’est toujours une sensation incroyable de voir cela !

Le destin nous réunit à nouveau avec les suisses de Lausanne : Eric & Eliane, Eliette & Pierrot se sont également posés au Chobe Bush Lodge river. Lodge luxueux avec possibilité de camper à peu de frais (8 euros/personne/nuit) à 800m de là tout en bénéficiant des infrastructures du lieu : terrasse avec vue sur la Chobe River, piscine, restaurant, terrasse, bar, ….). Nous nous contenterons de quelques boissons sur la terrasse en bordure de la rivière Chobe au coucher de soleil. Magique. Et d’une connection internet pour écrire cet article. Sur l’espace du camping, là encore, les animaux circulent librement : phacochères, mangoustes, babouins, antilopes,… Nécessaire de planquer les aliments pour ne pas tenter ces petites bêtes en recherche de nourriture.

ECOUTEZ cet oiseau au révéil au camping de Kasane :

Le lendemain nous organisons une sortie commune en bateau, sur la fameuse Chobe River, avec nos nouveaux amis suisses, super sympas. Puis un braai tous ensemble, les deux soirées qui suivront.

La Balade sur la Chobe River, en bateau.

ECOUTEZ le bruit du bateau sur la Chobe River :

ECOUTEZ les rapides de la Chobe River :

Finalement nous resterons à Kasane 4 nuits avant de reprendre routes et pistes direction la Zambie.

5 réflexions sur “Le Botswana en toute liberté

    1. Hello Colette, je t’espère en forme ? T’es super mignonne merci. Je suis parfois dans la précipitation pour écrire, pas toujours évident avec l’internet. Des bises de Zambie et profite bien de ton été. Des Projets vacances ?

      J'aime

  1. Claudie Gourdel

    SUPER rédactrice en chef on s’ y croirait. Je vous suis passionnément et espère une narration de vive voix quand vous reviendrez.
    Je lis et relis tes textes et vis avec vous cette merveilleuse aventure.
    Je voyage avec plaisir par la pensée.
    A très bientôt.
    Prenez soin de vous.
    Bises Claudie

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    1. Merci Filou…j’ai souvent pensé à toi et tes superbes photos diffusées sur Facebook. Avec nos iPhone 6 nos pouvoirs sont limités surtout les gros plans…tu te régalerai encore plus ici… des bisous de Zambie.

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