La Zambie, belle découverte

Les Chutes Victoria se visitent en passant par le Zimbabwe mais aussi par la Zambie. Nous avons choisi cette deuxième option. La Zambie ? Why not ? Je ne connaissais personne, avant notre départ de début d’année,  ayant passé des vacances en Zambie. Et vous ? Nous étions donc curieux de découvrir ce pays aussi grand que la France mais seulement 16 millions d’habitants. Le passage à la douane au Kazungula Border, allait être plus rapide, nous affirmait-on…en théorie seulement.

Le passage à la douane du Botswana, à la Zambie

Après avoir doublé une centaine de camions à la frontière de Kazungula, en attente de passage, nous arrivons en deuxième position pour les voitures. Plutôt bien parti. Peu de monde. Pas de touristes en vue.

Côté Botswana, les affaires se corsent lorsque nous présentons notre CPD (Carnet de Passage en Douane. Vous vous rappelez peut être le passage en douane lorsque nous sommes entrés au Botswana (avant dernier art.). La douanière, malgré notre insistance, avait apposé un tampon d’entrée du véhicule, alors que celui-ci n’était pas nécessaire, de plus au mauvais endroit de notre carnet. Il a fallu expliqué en long et en large, voir même faire venir le responsable pour expliquer la situation. Tout cela dans un brouhaha pas possible. Nous finissons par les convaincre et ces derniers se sont montrés très compréhensifs. La douanière remplis notre carnet, sur ordre de son supérieur, mais se trompe, elle aussi, mais cette fois-ci de page. La douanière explique son erreur à son chef et à une autre collègue voisine….Nous regardons tous le carnet…comme s’il pouvait se transformer. Pendant quelques secondes, le temps est suspendu. Mais rien à faire, le mal est fait. Nous espérons que cela n’entravera pas la suite des autres passages en douane et surtout la restitution de la valeur du véhicule, à notre retour en France.

Nous empruntons ensuite un ferry, pour traverser la rivière qui sépare le Botswana de la Zambie. Les rabatteurs-« casses-couilles », comme j’aime à les appeler, sont déjà à l’affût, à l’attente du ferry. Ils proposent toujours les mêmes services contre rémunération : accompagnement aux différents bureaux (police, taxes, douane : rien ne les indique), change de devises, assurance véhicule,… à des prix hors marché. Il faut se munir de patience. Savoir dire « non » avec une gentillesse affirmée. Parfois cette gentillesse affirmée ne suffit pas. Etre plus ferme et froide. Mettre les sentiments de côté. Ne pas faire preuve d’empathie (après tout, ils essaient de gagner des sous), sinon on est fichu, ils ne vous lâchent plus.

Une petite erreur s’est glissée sur le Visa de Stéphane…laquelle ?

Nous passons ensuite d’un bureau à l’autre, comme un jeu de piste, trouver le bon bureau et esquiver les rabatteurs. Bureau pour visas, douanes et CPD, paiement de la taxe carbone, taxe des routes, taxe pour le district, police et enfin assurance pour le véhicule, sans compter d’autres contrôles. 2H15 au total. Visa en poche ! On s’en est plutôt bien sorti.

Nous filons sans tarder sur Livingstone. La conduite se passe toujours à gauche. Nous apercevons les premières habitations. Puis de la fumée au loin. Un incendie ? Non, plutôt des feux sur les bas côtés. Question de visibilité ou pour fertiliser la terre? 1ers panneaux à limitation de vitesse à 65 km/h. Encore deux contrôles pour vérifier si la taxe carbone a bien été réglée. « Aucun contrôle du permis international jusqu’à présent , étonnant ! » me confie Stéphane. Des impalas traversent la route. Nous nous arrêtons sur le bas coté, à l’embouchure d’un sentier, à l’ombre. Il est 15h. Nous improvisons un pique nique rapide. Puis la route est reprise. Nous croisons des hommes en vélo, beaucoup de vélos, des femmes revêtues de tissus colorés, des écoliers, également en uniformes. « Ca m’a l’air plus pauvre », me confie Stéphane. Nous apprendrons plus tard que 60,5 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et que la Zambie est un des 25 pays les plus pauvres de la planète.

Livingstone

Cette charmante bourgade d’emblée nous séduit : maisons et immeubles colorés, certains de style victorien, zambiens souriants, musique à chaque coin de rue. Le nom de la ville est à l’origine du fameux écossais, David Livingstone. Ce dernier a découvert les chutes Victoria en 1852. Les chutes sont ouvertes aux visiteurs depuis 1855.

Les Victoria Falls

Les chutes sont impressionnantes, malgré la saison sèche et le manque d’eau. Nous y restons trois heures à en faire le tour, descendre par un sentier sous le fameux pont et nous reposer, au soleil et observer les visiteurs. Séances photos et Selfies à gogo. Un peu de touristes : un groupe de chinois (très bruyant), une famille japonaise, italiens, français, espagnols, allemands,…mais surtout des zambiens, venus en famille ou entre amis. Contrairement au Botswana, nous remarquons beaucoup de visiteurs zambiens, venus là le temps d’un week-end. Parfois même les gens nous saluent et nous lancent un « Bienvenue en Zambie ». Parfois l’envie leur prend de nous prendre en photo ou d’être pris en photo. Comme cette petite famille zambienne, toute mignonne ! Cette jeune femme aussi a perdu son mari. Nous sommes dans la phase spectative. Découverte des codes et pratiques du pays. Nous continuons d’admirer les chutes hautes de plus de 100m. A quelques mètres de là nous apercevons le côté zimbabwéen des chutes. Chutes plus abondantes en eau. La fin d’après midi, des gouttelettes d’eau forment un prisme, apportent un rafraîchissement et créées des arcs en ciel.

Chutes Victoria

Le bruit des chutes est discontinu. Nous décidons de quitter les hauteurs par un sentier descendant. Un autre paysage s’ouvre à nous. Plus calme et à hauteur de l’eau. Nous apercevons le pont face à nous. La montée est plutôt raide. Le parc va fermer ses portes vers 18h…Vite ! Vite !!

Nous ressortons du parc vers 17h55. Des visiteurs retardataires glissent un petit billet de 20 Kwachas (monnaie de Zambie/ 1,4 euros) au gardien, pour rentrer dans le parc. Les rangers ne sont plus là pour vérifier.

Nous retrouvons notre campement dans le Backpackers Jollie boys Camp à Livingstone. Cette fois notre emplacement est des plus ordinaires. Simple place sur le parking de l’auberge, sur le gravier. Une quinzaine de jeunes anglais campent à quelques mètres, sur la pelouse. Cela nous rajeunis. Nous sympathisons avec une famille d’anglais, un couple avec leurs deux enfants, en vacances pour trois semaines. Puis une trentenaire turque, vivant à Dubaï, Ferda, souriante et joyeuse, en vacances pour deux semaines. Ferda est un peu comme nous. Elle n’a pas de programme précis, est à l’écoute des bons plans et profite de cette liberté sans prix…Mais Ferda voyage seule. Courageuse.

Nous avions décidé de rester une journée dans ce Backpackers à Livingstone. Nous y resterons 3 nuits. Le dernier jour, nous en profitons pour faire une dernière balade en ville, puis nous poser tout simplement et profiter de la piscine, bouquiner et ne rien faire. Cela paraît incroyable mais c’est vraiment la première après midi depuis notre départ que nous nous offrons ce luxe. La plupart du temps, nous sommes occupés à conduite, marcher, nous installer, ranger, faire les courses, la lessive, la cuisine, étudier le parcours, écrire, faire le tri des mails, des photos, et plus agréablement, discuter avec les gens (touristes, locaux)…

Et c’est reparti pour une nouvelle carte Sim pour la Zambie

Dans l’après midi, nous entendons de la musique venant de la rue…un groupe local ? Une fête de famille ? Stéphane s’en va en éclaireur. Au bout d’une demi heure il revient m’annonçant : « Hey, viens voir, c’est un groupe du coin qui s’entraîne ! ». « Y-a-t-il du monde ? » : je m’empresse de demander. « Non, personne », me répond Stéphane. Ni d’une, ni de deux, je range toutes mes affaires et je le suis.

Christian Band of Livingstone

A deux cents mètres de là, dans un bâtiment presque à l’abandon, nous retrouvons là un groupe de 6 personnes au total. Deux femmes, un homme pour le chœur, chantant et dansant, un jeune homme qui chante à tout va, un gamin jouant à la batterie sur des caissons défoncés et enfin un pianiste, jouant debout. La scène paraît surréaliste. Le son est beaucoup trop fort. Un truc à nous exploser les tympans, une salle méga grande (au moins 100m2), une cinquantaine de chaises en plastiques vides, une estrade avec un pupitre de prêcheur et une immense croix. Au fond de la scène des bans de rideaux dorés, argentés. En fait, il s’agit d’un groupe de chant religieux. Le chef de la troupe vient nous saluer et nous souhaite la bienvenue. Il m’explique qu’ils ont là tous les dimanches après midi, de 18h à 20h pour chanter. La Zambie compte 97 % de chrétiens (67% de protestants et 21 % de catholiques). Ce groupe est protestant : le Christian Band de Livingstone.

Le 29 juillet, vers 9h30 nous quittons Livingstone. Un contrôle de police nous attend un peu avant la Wighbridge. Un panneau sur la gauche nous indique que nous sommes en zone de corruption et qu’il va falloir être vigilant. La policière vérifie la validité de notre assurance. Le macaron collé sur le pare brise est inspecté avec précision. Puis la policière étudie de plus près notre tableau de bord. « Where that came from ? » aboie t-elle. Elle m’indique, avec son doigt, tous les objets que j’ai collé ou accroché près du pare brise. Coquillages sénégalais, poupées russes, sénégalaise et botswanaise, chien tête remuante, figurine alsacienne, rubans de temple bouddhiste malaisien, maison japonaise, colliers de Tombouctou, du Sénégal, et d’Italie, pierre namibienne, …sont présentés. Je n’ai pas présenté le serpent en plastique du côté de Stéphane, ni les stickers avec Jésus et Marie. Peut être que cela en faisait peut être un peu trop. Mais la policière reste de marbre. Elle garde son rôle de femme dure à qui rien ne l’émouvoit. Elle hoche la tête et nous lance un « drive safe ! », tout en nous faisant un signe de la main pour avancer.

Bon, j’avoue, la décoration est surprenante et Kitch !

La route que nous empruntons depuis quelques kilomètres déjà est toujours bitumée et en bon état. Un homme est arrêté au bord de la route et gonfle son pneu de vélo. Puis nous cesserons de voir des hommes en vélos de chaque côté de la route. Vélos chargés de bois, de sacs bondés, de bidons d’essence ou d’eau, ….Les vélos sont de style anglais. Cadre solide, guidon haut, …tous ces vélos…certainement une référence au passé colonial anglais de la Zambie ?

Les femmes, elles, sont à pieds, chargées sur leur tête de sceau, cuvette, bois, …bébé collé à leur dos.

Puis un autre contrôle. Un homme est en charrette, côté opposé, mais sur le bas côté. « Ah c’est l’Afrique ! » s’exclame Stéphane. Voulant dire par là que nous retrouvons l’Afrique plus traditionnelle.

Nous dépassons Zimba, puis Kalomo. Terres brulées, le long de la route. Boutiques aux façades colorées. Marchandes de tomates, d’oignons, de bananes,…cela met de la couleur dans ce paysage aride et sec.

Puis Choma. Stéphane s’écrie : « Regarde, c’est les allemands croisés en Namibie à Opuwo, puis à Epupa Falls ». Trop tard. Nous nous arrêtons pour voir s’ils font demi-tour ? Mais ils sont déjà loin et pressés de regagner Livingstone, comme nous l’apprendrons plus tard par Whatsapp.

Un peu plus loin, un contrôle radar cette fois-ci. Mais Stéphane respecte scrupuleusement les limitations. Les contrôles et amendes sont fréquents.

Un peu plus loin, sur la route, nous nous arrêtons dans un petit village pour faire le plein de quelques légumes sur un petit marché local : tomates, rive (verdure avec des feuilles coupées en petits morceaux) oignons, cacahuètes, patates douces,…

Nous arrivons à Mazabuka. Toujours du monde en mouvement sur les routes, à pieds, en vélo. Le pays ne compte que 17 habitants au Km2, mais 43% de la population vit en zone urbaine. J’avais repéré la « Bethlehem Backerey », boulangerie rattachée à une mission italienne, sur l’application Ioverlander. Dans l’espoir d’y trouver du bon pain, bien cuit, je demande à Stéphane de nous y arrêter. Après un jeu de piste et quelques erreurs de parcours nous la trouvons enfin. Mais le pain ressemble à celui que l’on trouve un peu partout, frais et mou, du pain de mie. Quelques gâteaux secs et des Donuts (en fait, en pâte de beignet) complète le présentoir. Nous craquons pour cette dernière pâtisserie, très bonne et pas trop sucrée. Je me renseigne auprès de la boulangère s’il est possible de loger dans la mission catholique voisine. Elle hoche sa tête à l’affirmative et m’indique aussitôt la route à suivre.

Le Nchete House Women’s Center de Mazabuka.

Je monte les quelques marches d’escaliers qui me séparent de l’entrée de cette institution religieuse. J’aperçois la réception à l’angle, plus loin sur ma droite. A ma gauche, je perçois un bruit très familier. Mon cœur palpite… Serait ce …. ? mais oui ! Un bruit de machines à coudre en action.

Je rentre dans la salle spontanément. Une dizaines de machines à coudre manuelles, ou plutôt à pédales disposées sur des tables d’écoliers. Une quinzaine de jeunes filles et jeunes femmes sont installées et assemblent des bouts de tissus colorés. Un tableau vert au fond de la salle avec explications d’une réalisation de short à la craie. Je salue tout le monde, me renseigne sur la nature de cette réunion et promet de revenir bientôt pour échanger plus longuement. J’arrive à la réception. Je suis accueillie par une assistante. Je suis présentée à la Mère Supérieure, Sharite. Grande femme mince au visage sévère. Des lunettes rectangulaires viennent durcir ses traits. Mais le sourire apparaît aussitôt les présentations faites et le motif connu de ma visite. D’emblée elle m’indique le prix de la nuitée. De quels services s’agit-il ? Pouvoir stationner sur le parking à l’entrée, gardien présent toute la nuit, avec WC et douche, lavabo (froide). Un peu de beurre dans les épinards est toujours bienvenue, même pour les institutions et missions religieuses. « La générosité religieuse n’est plus ce qu’elle était », pensais-je dans ma tête. Content de nous retrouver dans cet espace insolite. Nous nous installons entre le centre religieux et l’église. La perspective de nous sentir protégé par les saints, nous réjouis. Même si le gardien, venu plus tard pour accomplir sa mission de veille, nous assure que la ville de Mazabuka est calme.

Avant de quitter les lieux, Sharite, la sœur supérieure, nous offre un bâton, non de Pélerin, mais de canne à sucre. Elle nous apprend que Mazabuka est un haut lieu d’exploitation et de raffinage du sucre par la canne.

Je prépare le dîner : sauce Migaz, de Rhajad, mon amie marocaine rencontrée à Dakhla.

Recette Migaz de Rhajad

Faire revenir les oignons dans de l’huile d’olive, rajouter des tomates, des épices. Faire cuire des lentilles à part et les rajouter à la sauce. Laisser mijoter quelques minutes.

Se mange avec du vieux pain trempé dans la sauce (recyclage du vieux pain).

La nuit se passe. Bruits de musiques et de chants au loin.

Le matin. Un peu plus sur la gauche, des enfants s’apprêtent à se rendre à l’école. Le gardien finit par quitter les lieux. Il est remplacé par le jardinier. Nous lui proposons un café qu’il accepte de suite.

Tour du jardin arboré, arbustes taillés (un petit jardin d’Eden) et visite du potager : tomates, pommes de terre, oignons, choux, …sont plantés là. Je ne peux m’empêcher de penser au jardin de Pépé de Sainte Hermine en Vendée. Pas un jour sans être dans son jardin. A chaque venue, une visite guidée, la fierté sur le visage de Pépé et des légumes sous le bras au retour. Le plaisir de croquer dans les tomates mûries par le soleil, la peau épaisse, la chair charnue, un parfum…de tomates. Ce souvenir remonte à vingt ans en arrière. Les meilleures tomates du monde. Celles de Pépé.

Les élèves du cours de couture du matin arrivent au compte goutte. L’assistante ouvre la salle de classe et tout le monde s’installe tranquillement. Les deux jeunes filles arrivées plus tôt le matin sont venues, curieuses de découvrir notre maison mobile. Fendi. Nous discutons également couture. J’apprends qu’elles ont 17 et 20 ans. Elles sont en formation pendant trois mois. Les cours sont payant et les préparent à un diplôme. Ensuite elles rentrent chez elles, dans leur village, parfois éloigné d’une heure ou deux. Elles vont se mettent à leur compte et travailler sur commande.

Nous regagnons la salle de cours. Je discute rapidement avec Gertrudy, la professeur de couture. Elle enseigne depuis 8 ans. Diplômée en 1999. Mon intérêt pour son métier la ravive. Ce matin, elle a le sourire.

J’explique le pourquoi de ma venue au groupe et leur demande leur accord pour capter du son et prendre des photos. Elles sont ok. La mère Supérieure, Sœur Sharite arrive accompagnée d’une autre sœur qu’elle me présente. Je suis plutôt bien accueillie. Le fait de m’intéresser à leur projet les ravis. Nous sommes enfin tous debout dans cette salle de classe, le jardinier est également présent. Nous commençons par une prière.

ECOUTEZ la prière de l’assistante du Nchete House Women’s Center de Mazabuka :

Prière Nchete House Women’s à Mazabuka

Je reste dans cette salle une petite heure. Histoire de comprendre ce qu’elles font et comment elles travaillent. Les machines à coudre ne sont pas électriques la plupart. « Bien souvent il n’y a pas d’électricité là où elles vivent », m’explique Gertrudy. Elles réalisent des robes, des jupes, puis le fameux short.
Stéphane m’attend sur le parking et prévoit le parcours routier.

ECOUTEZ l’ambiance, le bruit des machines à coudre, dans la salle de formation de couture de Nchete House Women’s Center de Mazabuka :

Ambiance cours de couture 1
Ambiance cours de couture 2
Ambiance cours de couture 3
Ambiance cours de couture 4
Ambiance cours de couture 5

Je les quitte en leur souhaitant réussite et persévérance, d’apprendre un maximum, d’être curieuse, et de profiter de cette opportunité d’avoir un métier merveilleux, créatif et surtout où elles peuvent être indépendantes.

L’état des routes est aléatoire : en construction (par des compagnies chinoises, la plupart), bitume parfait, avec morceaux de patchwork ou nids de poule, au choix ! Et toujours du monde sur les bas côtés.

Nous reprenons la route vers le Lac Kariba, à quelques centaines de mètres de la frontière du Zimbabwe. Nous avons repéré un Lodge/camping au bord du lac, le Eagles Rest Lodge & Camp, tenu par Tom un ancien Overlander. Nous payons pour deux nuits et décidons d’y passer quatre nuits. Le décor à l’arrivée est de toute splendeur. « Je ne m’attendais pas à ça », je m’exclame à l’arrivée. Le fait de ne rien préparer (pas de visuel) et donc de tout découvrir par soi-même, apporte bien souvent de l’émerveillement aux endroits traversés.

Ce lac est immense (220 km de long et 23 km de large), telle une mer, sans vagues. Le Lac Kariba est un des plus grands lacs artificiels d’Afrique, avec son barrage hydroélectrique, construit par un français, à quelques centaines de mètres à peine. Ses profondeurs peuvent atteindre 30 à plus de 70 m. Le royaume des crocodiles et hippopotames. L’eau procure une sensation de calme et de quiétude. Nous nous installons, au bord du lac, à l’ombre des arbres, légèrement en hauteur. Notre emplacement surplombe un paysage à 360 °. Oiseaux, petites barques ou pirogues de pêcheurs sur cette étendue d’eau à l’infini devant notre champs de vision. Des enfants jouent au bord de l’eau. Attention aux hippopotames ou crocodiles, autres habitants du lac de Kariba. Mais aussi ces parasites dont Tom, sympathique propriétaire de ce camping, d’origine allemande et père de 6 enfants (bientôt sept), nous met en garde. « Ils rentrent par la peau des pieds, remontent et pondent des œufs, puis des vers circulent sous la peau » précise-t-il. Un traitement pharmaceutique tous les six mois, permet de se débarrasser de tous ces parasites, en prévention », nous conseille-t-il. Tom a le sens de l’accueil et s’empresse toujours de prendre de nos nouvelles.

Nous en profitons pour ranger, faire notre lessive, nettoyer, réparer, cuisiner, lire, écrire, discuter avec quelques voyageurs venus se perdre ici. Nous sommes quasi seuls au camping. Un couple d’allemand de Münich, Fabian et Miriam, est passé l’autre soir pour une nuit, et avec lesquels nous avons passé une fin de soirée au coin du feu. Nous avons pas mal échangé avec Elodie & Maximes, de l’Ile de la Réunion (pour Elodie) et de la Bretagne (pour Maximes), des « Workaways » de 28 ans (travail contre nourriture & hébergement). Ils refont le bloc des sanitaires (peinture et plomberie). C’est leur 3ème expérience de « Workaway ». Tous les soirs, nous avons partagé nos repas ensemble. Ils sont très sympas, directs et authentiques. Tout ce que nous aimons.

Elodie et Maxime

Hier Tom nous a proposé un tour de bateau sur le Lake Kariba, en fin de journée. Il y avait là également un groupe de zambiens de Lusaka, la capitale. La musique à fond. Nous dansons même. Stéphane tente de se caler au rythme d’une jolie zambienne.

Et depuis deux jours, une famille de Clermont-Ferrand, Anaïs, David, Esteban, Ewen, Timéo, partie depuis 7 mois, avec leur camping-car, en passant par l’Afrique de l’Est.

Farniente absolue. Mais aussi pour nous reposer la journée car les nuits sont terribles.

Le coupable : Bateau de pêche, au bruit d’hélicoptère

« Je ne sais pas ce qui l’emporte ? », me confie Stéphane ce matin. « Cette vue somptueuse ou le bruit incessant des bateaux de pêche la nuit ? ». Il est vrai que nous sommes partagés entre l’endroit magique et le bruit infernal des moteurs de pêches toute la nuit et qui nous empêchent de dormir. On dirait des hélicoptères qui vont décoller.

ECOUTEZ le bruit des bateaux de pêcheurs la nuit, sur le Lac Karika :

Bruit des bateaux de nuit, sous notre tente de toit

Mercredi soir nous avons dîné au bar du camping. Une spécialité locale : Brème (poisson de rivière) avec sauce tomates-légumes, petits légumes cuit à la vapeur (carottes & haricots verts se battant en duel), accompagnés de Nshima (bouillie de maïs, aliment de base en Zambie, se mange avec les mains).

Hier, dans l’après midi, nous avons fait un saut au village le plus proche à 5km de là. Siavonga. Trente minutes de marche le long d’une route où nous croisons plein de zambiens à pied, en vélo. Puis une petite embarcation pour rejoindre la rive d’en faire et éviter la boucle à pieds. Deux kwachas* par personne pour le rameur. Plein de petits commerces, de marchandes de légumes. Nous nous arrêtons pour acheter des tomates, de la viande et du pain. Ah !!! le pain (moue et pas cuit). Je pense que c’est la chose qui me manque le plus. Je rêve d’une croûte bien cuite, presque marron, je m’imagine croquer dans le croûton et j’entends le bruit, craq’…craq’…. Vite ! Penser à autre chose,….Sinon le contact est toujours très agréable avec les zambiens. Le sourire et la bienvenue.

ECOUTEZ l’ambiance dans les rue de Siavongo :

Ambiance de rue à Siavonga

Je me réveille vers 6h30. J’entends la respiration profonde de Stéphane à mes côtés. Je me lève, peu de temps après et ne le bousculerai pas. Je profite des premiers rayons de soleil et de ce calme retrouvé (les pêcheurs pêchent la nuit)…et j’entends de nouveau les oiseaux.

Oiseaux au matin /Lac Kariba 1
Oiseaux au matin /Lac Kariba 2

Partirons nous demain matin ? Et pour aller où ? Nous avons déjà une petite idée qui devrait nous/vous plaire…

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La Zambie, peuplée par les bushmen (chasseurs-cueilleurs). Indépendante depuis 1964. Elle était appelée la Rhodésie du Sud et du Nord, autrefois. La langue officielle est l’anglais. Sinon plus de 70 langues bantoues (bemba, kaonde, iozi, lunda, luvale,…). Le pays connaît encore peu de touristes du fait d’un réseau routier en assez mauvais état. * kwacha = monnaie zambienne (10 kwachas = 70 cents d’euros)

4 réflexions sur “La Zambie, belle découverte

  1. Bonjour les copains, quelque petites nouvelles nantaises.
    Nantes se vide ce sont les vacances et le week-end ce sont les touristes qui parcourent les rues et places. Samedi matin une manifestation pacifique en hommage à Steve un jeune qui s’est noyé dans la Loire la nuit de la fête de la musique suite à une charge policière pour faire cesser un concert improvisé. L’après midi une autre manifestation contre les violences policières a été beaucoup plus musclée avec affrontements, grenades lacrymogènes etc.. Violences à cause des black blocs venus de tous les horizons.Comme à chaque fois, la préfecture étant une cible privilégiée,je suis condamné à rester fenêtres fermées afin de ne pas avoir les yeux qui brûlent et tousser tant la quantité de gaz lacrymogène est importante aux environs de la préfecture et rentre par les fenêtres. La chaleur persiste et l’eau est rationnée tant les cours d’eau et les nappes phréatiques sont à sec. Heureusement la température ( + de 30°C encore dans la journée) descend vers les 20°C la nuit. ce qui est mieux qu’il y a 8 jours. Voilà maintenant plus d’un mois que cette chaleur sans pluie perdure. Dans le courant de la semaine remontée sur Paris pour retrouver un ami avec qui il est prévu entre autres choses de visiter l’exposition consacrée à Vincent Van Gogh à l’atelier des lumières. C’est un endroit magique avec projection sur tous les murs et même au plafond des peintures de l’auteur. J’avais déjà vu l’expo consacré à Klimt l’an dernier. Puis la fin du mois d’août sera consacrée à mes deux petites filles avec peut-être un séjour à Nantes pour aller entre autres visiter les machines de l’île et son célèbre éléphant; qui est quelque peu différent de ceux que vous avez pu voir.
    Merci pour votre journal qui me transporte dans les endroits magnifiques que vous visitez et apprécie ces reportages des événements que vous vivez. Prenez soin de vous, profitez bien.
    Plein de Gros bisous

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    1. Merci Filou pour ce retour de news. Terrible !!! Cette mort de Steve. Ici nous sommes bien loin des actualités françaises….plus connectés dans le pays où nous sommes actuellement que dans le monde en général. Pas de TV ou de radio. Avoir des retours sur ce que tu vis nous remet les pendules à l’heure. J’espère que tout ces troubles nantais ont cessés et que tu retrouves un peu de douceur nantaise. Des bises zambiennes

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  2. Claudie Gourdel

    Toujours fidèle à tes récits précis et bien complétés par les photos.
    Ici ce sont les vacances et beaucoup de monde à la maison… le grand plaisir de se retrouver et de profiter de la vie après 6 années de lutte.b contre le fléau des temps modernes ! En sursis et tout va au mieux à présent. Bonne continuation et au plaisir du prochain chapître. Plein de bisous.

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    1. Bravo Claudie ! Ne jamais baisser les bras ! Ton histoire nous fait réaliser qu’il faut profiter de chaque instant comme si c’était le premier (et non le dernier) jour de notre vie…et que nous avons tant à découvrir, toujours et encore. Bises

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