Une ferme viticole végane au Chili

Nous quittons le bord du Pacifique du côté de Tomé et nous dirigeons vers la ferme viticole végane. Nous sommes attendus pour une semaine de services et petits travaux, contre gîte et couvert. Nous arrivons vers 19h30. Le soleil n’est pas encore couché.
Nous apercevons Daniela, Pablo, propriétaires de la ferme et Louan, leur fil de 18 mois, sur le chemin, menant vers leur maison. Le terrain est en pente. J’emprunte un petit chemin avec Daniela. Stéphane prend la route vers les sommets de la vallée en Fendi, avec Pablo, Louan sur ses genoux, pour découvrir notre campement. Nous passons devant une petite cabane.

« C’est la douche froide et les toilettes sèches ! » m’informe Daniela. Nous sommes à une centaine de mètres de notre campement, en pente. Des pneus couchés et remplis de sable et de cailloux font office de marches ou de simples coups de pelles données, creusent la terre en forme de marches. « De l’upcycling ! » remarquera Stéphane plus tard.


Enfin la maison apparaît, ronde : une chambre, une salle de bain. Elle domine une vallée avec quelques maisons au loin et des petits terrains de vignobles. C’est calme, très calme, pour l’instant. La cuisine est ouverte sur l’extérieur, ou plutôt la cuisine se trouve sous un hangar. Il y règne un joyeux capharnaüm. Des pots de verres, remplies de graines ou vides, des boîtes de rangement en plastiques, avec farines de maÏs, blé, sarrasin, milet, des cartons remplis, des sacs, des jouets et j’en passe.

Les parcs à jouer servent pour stocker les légumes. Autre idée de recyclage ! Des bouteilles de vins de la récolte de l’année passée sont stockées au fond de l’abri. Sans parler d’un sacré bazar de bric et de broc. Ils sont installés là depuis le mois d’avril, presque un an. Pablo a construit la maison circulaire lui-même, avec l’aide de quelques voisins et des workawayers.
Comment font ils en hiver ? La température avoisine les 0 par moments. Incroyable !
La ferme est végane. Nous n’y trouverons aucun produit de provenance animal. Ni fromage, lait, crème, œufs, … Comment ne pas penser à Stéphanie, mon amie du roller… Nous allons pouvoir vivre en immersion végane pendant une semaine.

Felipe nous a préparé le diner. Lentilles cuites au curcuma, cumin et autres épices et pommes de terre à l’eau. Nous préparons une salade verte et tomates pour compléter ce premier dîner commun. Nos quelques tranches de fromage laisseront les autres de marbre.

Felipe 26 ans, brésilien du côté de Rio de Janeiro est un autre workawayer présent à la ferme. Il travaille sur un projet pour demander un financement au gouvernement chilien pour une reforestation sur une des parcelles du domaine. Il adore également cuisiner.

La ferme Viticole Mingaco
Pablo
à continuer la production viticole héritée de sa famille. Mais là encore, ni pesticides pour traiter les mauvaises herbes, petites bêtes, ni phosphate ajouté au vin. C’est du vin bio. Pablo ramène une bouteille. Il est à 12 degrés. « Pas de nez » me dit Stéphane, mais du goût sur l’instant. Il ne reste pas en bouche, se voulant discret et authentique. 
Le vin rouge est un cépage Cinzo, (7 euros HT), le blanc est un Muscadel, petit vin sec fruité, (5 euros HT)

Qu’allons nous faire dans cette ferme ? 

De la cuisine, de la couture (marionnette pour Louan), du rangement et du nettoyage de la cuisine pour ma part,

du nettoyage des panneaux solaires, le rangement du cellier, le ramassage des ceps de vignes, le nettoyage du puit,… pour Stéphane.

Le lendemain Daniela me missionne pour cuisiner. Filipe qui faisait la cuisine auparavant, sera mon assistant si besoin, mais il doit finir le projet.
Nous décortiquons, Filipe et moi, un immense panier de haricots blancs frais. Daniela m’explique ce qu’elle souhaite : une soupe typique du Chili avec des haricots blancs, du maïs frais, des courgettes, des oignons, du persil, de la coriandre fraîche, sel et poivre, le tout mijotera pendant une heure.
Elle m’indique les ingrédients principaux et puis je rajoute « à la couleur de mon esprit », expression empruntée de mon amie Claudie. Petite touche personnelle. 

Le soir, je prépare le diner avec mes envies. Aubergines et tomates revenues dans de l’huile d’olives et de l’ail avec une polenta trouvée dans mon stock. Il est 19h. « Ça va être long non ? » me demande Daniela, légèrement inquiète. « Non ! Elle est instantanée ». Le petit Louan a faim. Il faut donc faire en sorte que les repas soient prêts et servis à heure fixe. 12h30 pour le déjeuner et 19h pour le diner. Petites contraintes qu’il va falloir intégrer. S’adapter. Toujours et encore.

Le lendemain Myriam, la maman de Pablo arrive vers 10h30 pour préparer et me montrer un autre plat traditionnel chilien appelé l’Humitas. Mais avant je dois préparer une dizaine d’épis de blé. 1h à enlever les feuilles de chaque épi de maïs, sans trop les déchirer car elles vont servir de chausson à cuire. J’ai un peu loupé cette phase. Puis couper et racler chaque épi. Ca m’a pris une heure. 

Recette de l’HUMITAS
Une dizaine d’épis de maïs sont séparés de leurs grains. Les grains sont mixés au Blender avec des feuilles de basilic frais. Procéder par petites quantités.
2 oignons sont coupés en petits cubes puis cuits dans de l’huile, avec de l’ail et du thym.
Les oignons sont mélangés à la préparation mixée. 
Ensuite des feuilles de maïs sont assemblées pour faire des chaussons garnis avec deux/trois cuillères du mélange, le tout resserré avec du fil de cuisine. Les petits chaussons sont cuits pendant 30mn, dans de l’eau bouillante. 
Une salade de tomates avec persil et coriandre accompagne ce délicieux repas. 

En plus du petit chat noir, des deux bergers allemands, Il y a aussi quelques arbres fruitiers sur le domaine. Pruniers, pommiers, pêchers,… « Si tu veux des fruits, tu te serres » me suggère Daniela
Les pommes rouges me sourient au loin. Avec Felipe nous descendons le chemin très raide et glissant de la petite maison ronde. Felipe s’occupe de trouver les prunes, moi les pommes rouges au sourire. 

Le menu du soir est tout trouvé : je propose des galettes de pommes de terre crues grillées avec une compote de pommes. J’en salive d’avance. Je préviens que c’est une recette familiale alsacienne. Mélange de sucré-salé. Daniela est d’accord pour gouter. 
Je coupe au moins 5 kg de pommes pour faire la compote et 3 kg de patates râpées à la main. 
« Tu couperas des tranches fines avec les belles pommes pour faire des pommes séchées », me dit Daniela en passant. « Et pourquoi pas de la confiture ? », je rajoute avec enthousiasme. « Non, trop de sucre à rajouter ». « Ah ! Dommage !!! ». Bon je sais le sucre s’est pas génial pour la santé ! Mais un peu, quand même….Je pense aux confitures de ma maman (coucou maman !), si bonnes…

Nous passons nos matinées à cuisiner. En tout cas moi, ponctuellement avec l’aide de Felipe et de Myriam. Stéphane, lorsqu’il passe dans le coin, fini par me dire : « Ma chérie ! Tu es encore dans la cuisine ? »…Je fais « Oui,Oui » de la tête comme le petit chien à l’arrière des voitures.
Daniela reste occupée avec Louan, consulte son ordinateur, parle de la nourriture vegan (c’est fou ce qu’ils peuvent parler de la nourriture, véritable obsession), échange avec Filipe sur le projet, ….ou tout simplement pour nous donner des nouvelles activités culinaires.

Felipe fait ses gâteaux secs au soja. Soja qu’il a fait pousser lui même. Il les fait sécher pendant deux jours dans les fours conçus pour cela. Puis c’est le moment de les goûter. « Heum ! ça sent le vomis », me m’exclame.

J’essaie également de nettoyer et ranger cette cuisine où l’on passe beaucoup de temps mais dont l’installation, la propreté et l’organisation ne sont pas optimisées. 

Hier Daniela m’a demandé de ranger des centaines de petits paquets de graines, de noyaux et de semences dans des petits pots de bébé pour son futur jardin d’hiver. Je commencerai demain. Entre temps elle aura changer de plan. Pas assez de pots et pas de place. Je finis par prendre chaque sachet en vérifiant ou changeant l’emballage et en y indiquant son contenu. Travaille d’hiver, au coin d’une cheminée. Le truc chiant. Je me motive en me disant que je vais apprendre du vocabulaire de légumes, fruits, plantes,…je m’installe à la table avec vue sur la belle vallée. Toujours penser à son confort personnel.

Je discute souvent avec Filipe, en anglais, lorsqu’il est disposé à parler. Comment le décrire ? Il a des airs de Jésus représenté sur les croix. D’ailleurs Jésus n’était il pas noir ? Autre sujet abordé avec Lucas, l’autostoppeur rencontré le mois précédent. 
Felipe, a le muscle fin et élancé. Il est droit comme un i. Il a de beaux cheveux longs d’un blond camaïeux, légèrement ondulés, les yeux bleus-clairs, la barbe rousse. Il parle doucement et lentement. Tous les matins je le voie à l’étage inférieur de notre campement et au dessus de la maison ronde, faire son Yoga et ses 20 mn de méditation, pendant que Stéphane se réveille doucement et que je fais mes étirements et ma salutation au soleil (posture de Yoga).
Felipe est lunaire, rêveur et bouge assez souvent de son ordinateur, posé sur la table du jardin (il travaille sur le projet) pour faire un tour dans le jardin, en cuisine, soulever les couvercles des plats qui mijotent, prendre une infusion à la Rose-Marie, se planter dans la cour, regarder au loin… je vous dis lunaire. 

L’autre jour il est venu me touiller mon plat à base de grains de milet et par la même occasion m’écraser mes tomates laissées entières par un soucis d’esthétique ! Je suis sure qu’il ne s’en est pas rendu compte. Lunaire.
Donc avec Filipe nous discutons en anglais. Il aime communiquer, à ses heures. Je m’intéresse à la vie d’un vegan. Comme cette question :

Qu’est ce qui fait la différence entre un Vegan, un végétalien et un végétarien ? 

Le végétalien ne consomme aucun produit d’origine animale : ni viande, ni poisson, ni lait, ni œufs, ni fromage, ni miel, …

Le vegan : suit un régime végétalien dans son alimentation et a un mode de vie excluant tout produit issu de l’exploitation animale : ni laine, ni cuir, ni certains produits de beauté (si test sur des animaux). Donc pas de pull ou de couverture de laine, ni de sacs, ceintures ou chaussures en cuir…nada de nada !
Le vegan ne cautionne pas la violence faite aux animaux, dans les abattoirs ou dans l’industrie de la pêche (mercure et micro-fragments de plastique) ou des fruits de mer (cause de nombreuses intoxications alimentaires). Le vegan a un mode de vie engagé.

Pour le végatarien Felipe n’a pas su me répondre.

Le végétarien : exclut la chair animale (20 ans de pratique pour ma part, personne n’est parfait !)

Aujourd’hui nous avons eu une petite discussion avec Daniela. Ca nous a permis de nous expliquer vraiment. Elle me demandait si le fait de cuisiner me convenait ? Elle s’est bien rendu compte que ces petites interventions m’agaçaient (maman sort de ce corps ! ). Entendons nous bien. Je veux bien apprendre des choses et façons de faire, mais j’ai passé l’âge de me faire commander. J’aime être indépendante et aussi apporter mes savoirs faire. Pas de relations équilibrées si pas d’échange. C’est dans les deux sens et c’est ma croyance. Elle a cette grande confiance en elle et ce besoin de contrôle sur les événements qui la mettent parfois dans une posture haute, voire même qu’elle donne cette impression de n’avoir rien à apprendre des autres. Avec un anglais de base et un espagnol de débutant, toutes ces impressions sont amplifiées.
Elle m’explique qu’elle a besoin de s’assurer que j’ai compris ce qu’elle veut et qu’elle est obligée d’aller vite parce que Louan la sollicite sans cesse….l’enfant sera roi. 
Je lui explique mon besoin d’être indépendante. J’ai toujours menée ma barque toute seule. Elle a entendu, je l’ai comprise. 
Encore une étape à franchir… pour avancer progresser, mûrir. 
Je m’interroge ? Qu’est ce qui a du mal à passer avec elle ? 
Daniela ne s’intéresse pas tant aux autres ou du moins ne le manifeste pas. C’est une femme pragmatique et douée pour utiliser les compétences des autres dans un soucis pratique personnel, point barre. L’absence de curiosité humaine me donne l’impression d’être une ombre à qui l’on demande de produire, mais pas de proposer, partager ou créer. On ne gagne pas à tous les coups. Mais je réussi tout de même à semer mes petites graines, non-vegan, juste humaines.

Une après midi Pablo rapporte des légumes achetés aux voisins-fermiers, dont deux choux énormes. 
La choucroute est préparée non pas pour être cuite avec de la poitrine fumée, du kassler, des knacks et des saucisses mais pour être mangée crue dans une dizaine de jours. Fermentation qui permet aux bactéries développées de faire un nettoyage des intestins. Autre destinée que connaîtra cette choucroute. 
Alsacienne, je dois l’avouer, j’ai appris au Chili à préparer mon chou. Je l’achetais toujours crue dans les magasins sans trop me soucier du «Comment faire le chou cru soi même ? » Cette lacune est désormais réparée. Merci Daniela.

Comment préparer son chou cru (pr choucroute ou pour un nettoyage) ?
Prendre un chou vert. Le couper en fines lamelles. L’arroser de gros sel. Le malaxer dans un grand saladier. Laisser reposer un bon quart d’heure. L’écraser avec un tamis en bois (presse purée), puis le mettre dans un pot de verre, en l’écrasant bien fort. Disposer de grandes feuilles de chou jusqu’au couvercle pour rendre le tout étanche à l’air. Le couvercle est visé. 
« Si besoin, on rajoutera de l’eau demain » précise Daniela qui maintenant prend un ton plus doux pour arrondir les angles. La discussion a fait du bien à toutes les deux. 

Stéphane, pendant ce temps, s’est attaqué à la rénovation d’une table de nuit avec miroir. 
Ponçage à la main et badigeonnage d’une couche de protection incolore. 
Je m’attaque au tri et rangement des semences, graines, noyaux. Vaste travail de mise en ordre. 
Mon vocabulaire vegan s’enrichit : 
Sandia (pastèque), Melon, mijo (milet), espelta (épautre), harina de avena (flocons d’avoine), bulgur (boulgour), arroz (riz), quinoa, polenta, ghia, lino (lin), girasol (tournesol), canamo(chanvre), sésamo (sésame), ….

Le jour du pain :
Felipe
prépare le pain. Je lui dis d’en faire beaucoup. Rappelez-vous j’aime le pain. Il m’explique comment faire la levure.
De l’eau mélangée à la farine de sarrasin que l’on laisse reposer et macérer pendant quelques heures, jours, suivant la température ambiante. Des petites bulles apparaissent. La levure est prête à être utilisée. 
Les quantités pour réaliser le pain sont les suivantes :
1 dose de levure, 2 doses d’eau et trois doses de farine.
Ensuite la pâte est travaillée deux fois pour l’aérer, avec les mains. Un peu comme avec le Kougelhopf ou le Streusel (mes recettes de spécialités alsaciennes de gâteaux sucrés).
Puis, entre temps, Daniela annonce la couleur : 
Nous préparons un Humitas puissance XL. J’apprends par Felipe que des amis arrivent pour le déjeuner vers 14h. Nous serons dix à table.
Andreas et Esperanza, avec leurs deux enfants. 14 mois et 5 ans. 
Andreas est architecte, spécialisé dans les écoles mais également professeur. Esperanza, jolie femme extravertie, donne aussi des cours de Philosophie, de Sociologie, si j’ai bien compris. Elle parle l’anglais. Ils ont des amis en Afrique du Sud à Capetown et s’y rendent chaque année. 
L’ambiance à table est conviviale et joyeuse. C’est un vrai plaisir de discuter avec eux.
Le matin, Stéphane a fini de rénover la table de nuit. Daniela est contente. Il a également réglé la panne de courant dans la salle de bain. Des fourmis ont investi les conduits électriques et de ce fait ont empêchées le fonctionnement de l’interrupteur. Ensuite Daniela lui suggère de déplacer la bouteille de gaz dans la maison de Myriam, en réalisant un trou scie cloche. Fastoche !
Il revient satisfait de son œuvre. « Et quoi d’autre ? Une autre mission ? ». Stéphane c’est mon Mac Gyver à moi. 

Il commence maintenant à faire très chaud. La sieste s’impose. Nous laissons Daniela et pablo avec leurs invités.
Pour le soir je prépare une Soupe a l’oignon (sans aioli et fromage râpé), juste quelques croutons à l’ail, de l’houmous, préparé par Esperanza, une salade de tomates bien en chair, et ….le pain de Felipe.

Dimanche 16 fevrier.
Nous décidons que c’est notre jour de repos et partons pour la ville la plus proche …,Coelemu
Nous plions la tente de toit, rangeons le paravent. Il est 10h. Il fait déja 20 degrés. Nous empruntons un chemin parmi tant d’autres pour decendre vers la ville la plus proche. Stéphane se trompe de chemin. Un tas de terre nous barre la route. Stéphane essaie malgré tout de le franchir. Ca sent la « merde ! » Fendi s’enfonce. Marche arrière pendant un bon km. Le terrain est en pente et n’autorise point de demi-tour. Ca sent de plus en plus la « merde ». Je vérifie mes chaussures. Nada ! Plus loin nous passons devant la maison de Myriam, en contre bas. Pablo est descendu par le petit chemin en pente. Il sourit à cote de Myriam. « Vous vous êtes perdu ? » Oui mais non seulement. Pablo s’approche des pneus à l’avant. «  Vous avez roulé sur la merde ! » Ah oui le tas de terre… forcément. 

Coelemu. 
Petite balade à travers cette petite ville. La température avoisine les 25 degrés. Un vent doux souffle et rend ce dimanche après midi particulièrement agréable. 

Sergio Pierrot Cartes à la guitare 1
Sergio Pierrot Cartes à la guitare 2

Puis j’entends de la musique. Guitare et chant. Voix d’homme. Je fais ma curieuse, tends l’oreille et me rapproche de la maison. La porte est grande ouverte, mais je reste devant la clôture.
Sergio Pierrot Cartes, une figure locale, est à la guitare sèche, accompagné d’un autre visiteur, qui me fait signe de rentrer. Je reste devant la grille de la maison car j’ai perdu Stéphane de vue. Trop envie de m’approcher. Stéphane fera demi tour une vingtaine de minutes plus tard pour me rejoindre.
Nous rentrons dans la maison et passons quelques minutes avec Sergio

Un peu plus loin, nous nous arrêtons dans un café avec wifi et dégustons une glace. Des courses sont faites. Essentiellement des melons, pastèque, yaourts, fromage, oeufs, saucisses fumées. Je recharge ma carte Sim du Chili. Stéphane s’enfile de beaux et gros empanadas à la viande. 

Puis c’est le retour à la ferme. 
Un ami vigneron, Juan est de passage et dînera avec nous. Il a vécu à Paris et parle le français. Il nous fait gouter son vin, plutôt bon.
Je prépare le repas du soir : riz pilaf, purée de courgettes avec une purée de tomates et salade de concombres. 

Lundi 17 novembre
Daniela part avec Louan voir sa famille, une amie à Conception. La veille, elle nous a laissé une liste de choses à faire. 
Je nettoie et range la cuisine. J’avais proposé à Daniela de lui rendre sa cuisine plus fonctionnelle et moins dangereuse pour Louan qui n’arrêtait pas de jouer avec les pots de verre remplis, certains de brisant au sol. 
Stéphane nettoie le puits avec Pablo. « Aucun workawayer ne voulait le faire auparavant » lui confie Pablo.
Je prépare également un repas rapide avec l’aide de Myriam : purée de pommes de terre, aubergines à l’ail et salades de concombres et de betteraves rouges crues. 
Je voulais couper de la pastèque en entrée mais Felipe me l’a fortement déconseillé. Il m’a expliqué que manger des gros fruits avant le repas ça ne matche pas. Les aliments ne vont pas se digérer. 
Inutile de vous dire que la purée sans lait (ou crème) c’est pas top ! 

Je demande à Pablo s’il lui arrive de manger de la viande si Daniela n’est pas là. Stéphane rajoute : « un bon Asado, non ? ». Myriam sourit. Elle cuisine parfois de la viande et ils mangent ensemble. 

Nous sommes le 18 février et c’est notre dernière journée à la ferme viticole vegane. 
Pablo est parti pour la ville et ne reviendra que vers 13h. Il a laissé un morceau de côtes de porc qu’il donne à Stéphane pour préparer un Asado. Les pommes de terre laissées dans le feu sont carbonisées. La viande est bien cuite.
La matinée se passe tranquillement. Felipe prépare son pain, puis son Milet pour son repas du midi, je nettoie la maison et finis mon tri de semences,… Stéphane veille sur le feu et la viande. Un moment d’inattention est un des chiens lui a piqué un bout de viande.  
Le repas se passe calmement. 

Pablo nous raconte qu’avant, il pleuvait pendant six mois. Maintenant il ne pleut plu que trois mois. « Qu’est ce que vous faites pendant les mois de pluie ? ». « La taille de vignes », me répond Pablo
Le serment est laissé dans la vigne. Il y a là six hectares de terrain. Pablo est un homme de la terre.
Il aime ce qu’il fait, il est à sa place.

Demain nous reprenons la route et j’en suis ravie. Nous avons largement rempli notre mission d’une semaine. 


En conclusion :
Cette semaine a également bousculé nos habitudes, repères et croyances culinaires. C’est un domaine chargé d’émotions car rattaché au passé, à nos souvenirs gustatifs et olfactifs, à notre éducation. Avoir une consommation alimentaire plus consciente et faire d’autres choix d’aliments et enrichir sa carte oui, avoir une alimentation 100 % végan, non ! Nous serions plutôt flexitarisme. Ce que le vegan s’interdit, le flexitarisme se l’autorise ponctuellement. Le sectarisme me fait peur, même dans l’alimentation.

Le matin, au petit déjeuner

Il faut prendre du recul quand ça ne va pas. Laisser infuser avant de déguster, comme le thé. 
Relever les éléments positifs et les besoins non satisfaits (les points négatifs). Accepter.
Nous apprenons toujours quelque chose sur nous mêmes, surtout dans les situations inconfortables, celles où l’on ne se sent pas tout à fait à sa place et trouver les ressources pour rendre les choses le plus agréable possible. Etre acteur et ne jamais subir. C’est ce que nous avons tenté de faire. Je repars avec des recettes laissées et reçus, comme des présents.





2 réflexions sur “Une ferme viticole végane au Chili

    1. Merci Stéphanie. Oui je te vois bien là-bas !Je te donnerai le coordonnées si tu veux y faire un tour?….Ils auront plaisir à t’accueillir. J’espère que tu t’amuses bien dans ton commerce…
      Bisous.

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