La Bolivie, un tableau vivant

Nous quittons Salta le 10 mars 2020. Notre prochaine grande destination la Bolivie, avec un passage de deux jours au Chili, à San Pedro d’Atacama. Nous avons atteint nos 50 000 km avec Fendi, notre 4X4 Defender.
En route, nous trouvons un campement près du Lagos Dique Los Alisos, à côté de San Salvador de Jujuy. Petit déjeuner avec vue sur le lac et les Andes. Un sommet enneigé se dévoile au bout de quelques minutes. 

Le 11 mars. Paso Jama. Frontière fermée, de l’Argentine vers le Chili.

La RN 9 est empruntée. Nous arrivons à Purmamarca et nous engageons sur la RN52. Les  routes sont goudronnées. Puis c’est le Salar de Osaros. Nous sommes à 4091 m d’altitude.

Nous arrivons au Paso Jama, la douane de l’Argentine, vers le Chili. Impossible de la traverser. Nous sommes contraints de passer la nuit ici à 4091 m. Il est 16h. Et nous venons de dépenser tous nos pesos argentins. Il vente, il pleut. Le douanier nous informe : « La route est fermée à cause de la neige sur la route ».

Un couple argentin revient du Chili et nous confirme que la route est vraiment très glissante. Ils reviennent de l’Equateur et viennent de faire 13 000 km en 45 jours. La folie !
Nous trouvons refuge dans un YPF (Station Service) pour un café, un peu de wifi et un hamburger-frites en fin de journée. Oui. Je sais c’est pas top mais ça dépanne. Impossible de préparer un dîner dans ces conditions. Je vous rappelle que notre cuisine est à l’extérieur.
La nuit se passe difficilement. Allons nous pouvoir passer la douane le lendemain ? La température est devenue plus fraîche. Autour de 10°. Sans parler du mal d’altitude. Certains ont du mal à dormir, mal à la tête, d’autres ont des battements de cœur ou une perte d’appétit.

Nos 2 dernières journées au CHILI.

Le 12 mars. Paso Jama. Laguna Tara, Lago de Jama. San Pedro de Atacama.

Le Paso Jama est ouvert. Après un café rapide, nous prenons place aux différents guichets de la douane. Sortie de l’Argentine, entrée au Chili. A peine un quart d’heure. La jeune douanière se contente de poser quelques questions par rapport à la nourriture puis me fait ouvrir des tiroirs. La cachette secrète n’est toujours pas découverte. Stéphane aussi a la sienne.
La route 27CH.

A quelques kilomètres sur la droite nous empruntons une piste pour rejoindre la Laguna Tara, sur les conseils de Lucas, notre auto-stoppeur préféré. Dégonflage des pneus. Nous passons de 2,7 à 2,2 de pression. Paysage de roches. Ciel  bas et couvert. Puis des sommets enneigés apparaissent comme une belle promesse, tout en se confondant avec les nuages. Encore 12 km et nous arrivons à la Laguna Tara.

Stéphane prend les devants. Après un virage, la piste s’enfonce et nous glissons et nous retrouvons penchés vers la droite. Si j’ouvre la porte, je tombe. Je sors du côté conducteur. Avec Axel nous faisons contre poids pendant que Stéphane avance très lentement pour redresser Fendi. Une fois encore : «  c’est bien d’être à deux véhicules ».

Le soleil, lui aussi a décidé de revenir. Puis le Lago de Jama ou Situo de Ramsar, est visité.
A quelques mètres de là, les montagnes enneigées se reflètent dans le lac, donnant l’illusion d’un glacier miroir.
Seuls quelques Flamands roses, Lamas, et autres espèces d’oiseaux sont visibles.
Nous longeons le Lago de Jama tout en profitant de ce vaste désert.
Plus loin la Laguna Aguas Calientes aux couleurs vert-bleu-gris.

Retour sur la 27CH. La Ruta Del Desierto nous amène à San Pedro de Atacama.

San Pedro de Atacama
A peine arrivés, nous découvrons la ville. Il fait chaud et lourd. Cette petite ville de 3000 habitants croule sous les touristes en cette période estivale. Boutiques de souvenirs artisanaux et tours opérateurs à gogo !
Nous campons sur le parking de l’Altos de Quitor Glamping pour deux nuits. Le lieu est propre, bien aménagé et surtout entretenu.

Chanteur de Rue à San Pedro 1
Chanteur de rue à San Pedro 2

Axel nous prépare des crêpes avec des courgettes à la crème. C’est délicieux et original !

Le 13 mars. Vallée de la Luna.

Le lendemain nous partons à la découverte de la Vallée de la Luna, en VTT. Le départ est fixé à 10 h, mais le temps de sauter dans un taxi et de récupérer les vélos il est déjà 11h. Le soleil est de plomb. Nous côtoyons des paysages de dunes et de roches couleur ocre.

La chaleur finie par devenir écrasante. Comme je traîne un peu et que mes épaules sont presque rouges-tomates, à deux reprises, des personnes s’arrêtent et me demandent si ça va ? La première fois c’est un brésilien en moto, une autre fois, un américain, de Californie, en voiture. J’en profite pour discuter avec eux, même si mon écart se creuse davantage avec Stéphane, Axel, Stéphanie.

Laguna Céjar – Ojos del Salar-La Bolivie par le Paso Portozuelo del Cajon.

Nous sommes le 14 mars et tentons de décoller assez tôt sans trop se mettre la pression. On a visé 10h. Nous mettons 2 h en général pour être prêt : séance étirements-yoga, petit-déjeuner, vaisselle, rangement chaises-table, ré-pliage tente de toit, douche. Parfois dans le désordre.
Ce matin nous voulions faire un tour au Salar d’Atacama, mais après 65 km une barrière ferme le passage. Nous ne pouvons accéder au site. Fermé pour maintenance.
Demi tour et virée vers la Laguna Céjar. Une baignade est possible dans l’eau hyper salée pour se sentir en apesanteur.
Puis Ojos del Salar. Deux énormes trous de réserve d’eau à la couleur vert pomme. Sur la même route menant vers la Laguna Tebinquinche.
Retour vers San Pedro de Atacama pour le plein d’essence, une connexion internet pour checker la météo et en avant vers la frontière bolivienne à 42 km de là, avec un dénivelé de plus de 2000m, toujours sur la route CH27. Nous passons de 2408 à 4480m, en quelques minutes.

Le volcan Licancabur est visible, en toile de fond.

Notre arrivée en BOLIVIE.

C’est par le Paso Portozuelo del Cajon que nous quittons le Chili et ouvrons grande les portes de la Bolivie. Le passage à la douane chilienne n’aura duré que 10mn. Pour la douane bolivienne, c’est un peu plus long. 10 mn pour les tampons sur le passeport et 30 mn pour les papiers du véhicule.

A peine quelques kilomètres de pistes engagés et voilà que la Laguna Blanca se dévoile. Puis, la Laguna Verde à 4348 m d’altitude sous un vent frais.

Je prépare une Piperade, à l’extérieur à l’abri du vent, derrière Fendi. Avec la bonbonne de gaz de l’Afrique du Sud.
Nous préparons notre salle à manger-salon en mettant toutes nos affaires sur les sièges avant.
Le diner est servi, pour la seconde fois, à l’intérieur. Pour la première fois à quatre ! Nous mangeons au chaud et à l’abri du vent. Notre chauffage est capricieux. Par moment il marche ou pas. De plus, il est nécessaire d’avoir un chauffage spécial, à plus de 1500 mètres d’altitude. La chaleur humaine suffira. Ce matin nous étions à 30 degrés à San Pedro de Atacama et voilà que nous nous retrouvons à 0 degrés la nuit.

Le repas à peine finit, il fait déjà nuit. Puis Axel nous interpelle en regardant par la fenêtre : « il y a une voiture au loin ». Vite nous éteignons toutes les lumières. Par moment la voiture disparaît derrière une colline puis réapparaît. Elle arrive. Les phares se dirigent vers nous. Nous avons beau nous planquer. Ils nous ont repéré. Qui est ce ? Des rangers? Des voyous? Des policiers ? Des faux policiers ? Mon cœur commence à battre la chamade. Je planque mon téléphone portable. Stéphanie rentre dans la voiture. Axel et Stéphane sont au milieu des deux defenders, moi sur le côté. La voiture s’arrête plein phares. Les portières s’ouvrent brusquement. Nous avons du mal à percevoir les silhouettes de noir vêtues.  Ils sont armés, gilets par balle, combinaison, et bonnets, noir, toujours noir. Le premier se dirige d’un pas décidé vers moi et nous serre la main à tour de rôle : « Bonsoir vous êtes là en famille ? Amigos ? On peut voir vos véhicules ? Vous allez dormir la ? ». Ils sont trois.
S’en suit un dialogue :
– Oui, nous sommes des touristes ?
– Vous n’avez pas le Coronavirus ?
– Non ! Ca fait plus d’un an que nous avons quitté la France. Qui êtes vous ?
– Nous sommes une police spécialisée dans la traque des narco trafiquants.

Je reste toujours un peu méfiante. J’ai lu qu’en Bolivie, de faux policiers donnaient des amendes, emmenaient des touristes dans de faux commissariats pour les détrousser….Ils nous quittent en nous souhaitant une bonne nuit et surtout de rester prudent. 

Un peu plus tard, sous le ciel magnifiquement éclairé par les étoiles, un Zorro (renard) passe à quelques mètres de nous. 

Laguna VerdeRocas Salvador de Dali- Laguna Chalviri- Geysers de Sol de la Manana- Canyon de l’Anaconda.

Le 15 mars est une journée qui commence fraichement, avec le gèle de la nuit. C’est aussi une journée qui nous offrira d’incroyables panoramas qui marqueront nos esprits à jamais.

Le petit déjeuner est pris avec vue sur la Laguna Verde. Les montagnes se reflètent dans l’eau, comme un mirage. Encore des paysages qui contribuent à ressentir un réel bonheur.

Nous reprenons les pistes et roulons à 20 à l’heure.

Les Rocas Salvador de Dali. Pierres et rochers disposés dans le sable me font penser à un jardin japonais sauvage et géant. Sentiment de calme et de quiétude. Nous dépassons la Laguna Chalviri.

Ploubs ploubs

Puis les Geysers de Sol de la Manana. Nous sommes à 4889 m d’altitude. Odeurs de souffres, fumées et des bruits ploub, ploub, ploub,…

Bruit des Geysers

Si les paysages n’ont pas d’égal, les pistes restent mauvaises. Peut être pires que celles d’Etosha !

Sons des flamands roses

Mais la Laguna Colorada, avec ses milliers de Flamands roses, nous fait vite oublier ses secousses et ce bruit terrible lorsque nous prenons la route.
Les couleurs sont ocres, roses, beiges, verts, et enfin blanc cristallin. Les jeux de lumière avec le soleil ou parfois les nuages, mettent en scène telle ou telle montagne ou volcan.

Séance Yoga

Nous installons notre campement derrière de gros rochers, un peu avant Villa Mar. A l’abri du vent. Stéphanie nous prépare un Risotto aux betteraves rouges. Nous gagnons une heure mais la nuit tombe plus vite, vers 19h30. Elle sera calme et réparatrice.

Villa Mar- Vallée de Rocas- Rocas Volcanicas-Laguna Vinto- Laguna Negra- Saint Augustin- Julaca- Colcha K- Bellavista.

Le 16 mars nous poursuivons notre route vers Villa Mar. Petit village avec ses maisons basses. L’endroit semble désert. Nous arrivons à la sortie du village. La route est fermée par une barrière. Deux boliviens sont en proie à récolter une taxe de 10 bolivianos (Bol). Mais nous n’avons pas encore de devise bolivienne. Ils insistent. Je leur propose des bonbons, des bières,… rien n’y fait. Bon finalement ils cèdent et nous laissent passer, deux bonbons en poche.

Nous arrivons vers la Vallée de Rocas. Un de ses rochers a inspiré le trophée de la forme de la coupe du monde de football. Plus loin les Rocas Volcanicas. Des gros rochers plantés comme des morceaux de sucre Candi géants. Notre coup de cœur, indiscutablement.

La Laguna Vinto et ses flamands roses et autres magnifiques oiseaux.

Un autre coup de cœur c’est la Laguna Negra, un mirage. Couleurs ocre et vert pré. Montagnes et oasis où broutent les lamas. Rencontre avec Patricia et Laurence, vacancières parisiennes pour trois semaines. Venues là avec un tour opérateur en 4X4. Je discute avec elles le temps d’une balade.

Puis le Canyon de l’Anaconda. Juste avant les grands champs roses de Quinoa.

Au retour je demande à Stéphane de s’arrêter et j’enjambe la clôture pour aller saluer une bolivienne entrain de préparer le repas pour les coupeurs de Quinoa, du champs d’à côté. Petite silhouette rondeà la jupe plissée, avec collant et tablier. Nous faisons connaissance. Gildas m’explique le travail long et difficile du Quinoa. Couper les branches, enlever les graines, les laver, les sécher,…

Les paysages sont vertigineux. Les pistes deviennent ensuite plus banales. Allez encore 100 km jusqu’à la petite ville de Saint Augustin, de Comunidad Calcha K et enfin Julaca. Petite ville d’étape. Un bus local arrive et dépose passagers et vivres. Quelques voyageurs viennent se ravitailler chez la petite marchande, installée avec sa carriole et ses trois marmites, juste à l’arrêt du bus : riz cuit, légumes mijotés et viande en sauce.

Nous dépassons Colcha K et arrivons à Bellavista.
Un peu avant, je passe une zone de réseau et reçois des messages de WhatsApp. Nous apprenons la décision du gouvernement français de mettre tout le monde en quarantaine. Nos enfants, familles sont confinés chez eux pendant 15 jours. Incroyable !
La soirée est fraîche. Je prépare une soupe de lentilles avec chorizo. Nous la mangeons dans notre salle à manger-salon Fendi.  Le temps s’est curieusement rafraîchit, le vent s’est levé. La soupe met un temps infini à cuire à cause de l’altitude.

Salar de Uyuni-La ville de Uyuni-Pelca.

Le 17 mars est une journée marquée par l’eau.

Il a plu à deux reprises durant la nuit. Nous sommes toujours à plus de 4000 m d’altitude. Le sommeil est agité.
Il est 10h10 lorsque nous approchons du Salar de Uyuni. Enfin ! Stéphane est tout excité. Il attend ce moment depuis si longtemps.
Le Salar de Uyuni est le plus grand désert de lac salé au monde.

Axel prend des chemins de détour pour éviter de payer la taxe d’entrée du Uyuni (nous n’avons toujours pas de devises). Je propose au groupe de tenter le passage en négociant et en expliquant. Axel a son idée et tente quand même de prendre des chemins de travers. Nous faisons deux tentatives. Le sol est mouillé. Comme il a plu cette nuit, la deuxième tentative s’avère fatale. Axel, en tête, s’embourbe, une fois de plus. Allez ! La sangle, les plaques de dessablages et la pelle sont sorties. Après quelques tentatives, le Defender d’Axel est sorti de la glaise…C’est bien d’être deux !

Finalement tout le monde est d’accord pour prendre la piste traditionnelle. Personne n’était là pour nous demander une taxe. Le passage est ouvert. Il n’y a personne. Curieux !

Nous nous engageons sur la route traversant le Salar de Uyuni. Le désert de sel est recouvert d’eau. Un vrai miroir. C’est beau ! Stéphane est déçu, il espérait faire rouler Fendi sur le plus grand désert de sel du monde.

Un guide, croisé la veille, s’arrête pour nous prévenir : « Vous ne pouvez pas passer, il y a trop d’eau ! ».

Après quelques séances photos, et une pause visuelle, nous revenons sur nos pas, vers les barrières levées. Axel consulte un local pour savoir quelles routes sont praticables. Il revient la mine soucieuse. J’ai une mauvaise nouvelle : « La Bolivie proclame la quarantaine pendant 15 jours. Tout mouvement est arrêté dans tout le pays et ceci à partir d’aujourd’hui 15 h. » 

Je consulte ma montre. Il est 11h30. Après discussions, nous décidons rapidement de nous rapprocher de Potosi. Mais impossible de prendre la route par le Salar de Uyuni, impraticable à cause des dernières pluies. Il faut donc reprendre la route empruntée hier, celle vers Juluca. Axel fonce. Avec son super GPS il essaie de reprendre des raccourcis. Mais la terre glisse et nous faisons un tour sur nous même. Mauvaise pioche ! Pas question de s’enliser à nouveau !

Nous finirons par regagner la Ruta F5 à Julaca.

Nous faisons un arrêt à Uyuni, petite ville bien sympathique. Retirer des devises, prendre de l’essence. Il y a un taux spécifique pour les étrangers : 8,88 bolivianos. Si nous payons en cash, il y a moyen de négocier le litre entre 6 et 7 bolivianos.

Quelques boliviens portent déjà des masques. Un bolivien nous aborde dans la rue et nous demande si nous avons besoin de quelque chose ? Il parle l’anglais et nous donne les dernières informations sur la situation de la Bolivie. « Nous ne sommes pas totalement rejetés », me dis-je dans ma tête. J’arrive même à trouver des toilettes dans un restaurant.

Nous arrivons à Tica Tica. Peu de monde là encore à l’extérieur.

La route est particulièrement belle. Nous franchissons la Vallee de la Pelca.

Pelca.

A Pelca, nous nous engageons sur une route de traverse pour un wild, pas trop près de la route.
Axel fait des pâtes au thon et aux câpres. Stéphanie prépare une salade verte, comme le veut la tradition.
Quelques motos et voitures passent sur la petite route à une cinquantaine de mètres de notre campement.

Le 18 mars. Termas Del Rosario – Potosi.

Le sommeil fut profond. « On dirait un tableau » me dit Stéphane à nouveau en contemplant le paysage qui nous entoure. Vallées aux courbes douces et vertes. Parfois un troupeau de Lamas ou de chèvres vient compléter ce tableau. Le silence. Les premiers rayons du soleil nous réchauffent déjà. Pendant que Stéphane prépare le café, je fais mes étirements et mon Yoga, suivi de 5 à 10 mn de méditation. C’est devenu, depuis quelques mois, mon rite d’apaisement du matin*. Ca fait du bien. La posture assise pendant la conduite, les secousses sur les pistes, le fait d’être allongée dans un espace si réduit pour le sommeil (2,6m2), ….toutes ces choses mettent le dos à l’épreuve.

L’esprit s’en trouve apaisé. Je ne peux que louer les bienfaits du Yoga* et de la méditation**. Apres 10 ans de pratique, je constate les effets bénéfiques : prise de recul, réceptivité, self control, créativité, sentiment de bien être et surtout un lâcher prise du mental et une présence plus affirmée pour admirer tous ces magnifiques paysages, être à l’écoute des personnes rencontrées.

Un berger est venu nous voir ce matin. Il voulait me serrer la main. J’ai refusé. J’ai incliné mon buste en avant, avec une main sur le coeur, en guise de salutation. Bordel de Coronavirus !

Avec Axel et Stéphanie nous faisons nos prochains choix. Prendre une douche dans les prochains thermes, laver les Defenders, pleins de boue et de sel, déposer les voitures sur un parking surveillé à Potosi, notre prochaine destination, trouver un endroit avec wifi pour check er les informations et la situation ici en Bolivie par rapport au Coronavirus, qui a fini par arriver sur le Continent Sud Américain.

Les choses vont finalement très vite. Les premiers cas sont repérés début mars en Amérique du Sud. A tour de rôle, Argentine, Chili, Pérou, Bolivie, Equateur, Colombie,… alertent l’opinion et prennent des mesures pour éviter la propagation de cette Pandémie.

La route vers Potosi est goudronnée. Notre allure varie entre 80 et 90 km à l’heure.

« Nous ne croisons plus d’Overlanders depuis Salta », me fait remarquer Stéphane. Plus de guides et de Tours opérateurs non plus ! Comment font les touristes bloqués dans le pays ? Où trouvent ils refusent ? La situation devient cocasse lorsque l’on n’a pas de chez soi.  Nous nous estimons chanceux pour l’instant. Avec Fendi nous sommes autonomes. Nous pouvons éviter les lieux fréquentés, faire notre propre nourriture et dormir éloignés des villes.

Jusqu’à nouvel ordre, les déplacements sont autorisés jusqu’à 18h, les magasins ouverts jusqu’à 15 h.

Qu’en est il des musées ? De la mine de Potosi ? Des églises ? Nous verrons bien. A chaque étape, sa réponse et s’adapter.

Nous nous arrêtons aux Termas Del Rosario à une trentaine de km, avant Potosi, après trois km de piste sinueuse et pentue. Les bains sont réservés pendant deux heures. Je jette un coup d’oeil. Personne. Je négocie une douche rapide par couple pour 10 bolivianos.

L’eau est bien chaude. Frottements au gant de grain. 5 journées sans douche ça se ressent. Les lingettes sont un ersatz. Sentir l’eau sur sa peau, se sentir propre et plus léger. Il ne reste plus qu’à remplir nos estomacs vides et nos besoins primaires sont satisfaits. 

Sommes nous en sécurité ? Comment sommes nous perçus en tant qu’étrangers ? Une famille est arrivée après nous. D’abord ils ont gardé leurs distances, mis les masques. Puis une autre famille arrive. Celle ci est là pour prévenir des risques du Coronavirus et des mesures de protection. Masques et gel sont distribués. Nous sommes observés. Nous observons. Que pensent ils sur nous ? Quelques minutes plus tard, une jeune fille nous demande si elle peut nous prendre en photo ? « Bien sur ! Avec plaisir. ». Devons nous garder nos distances pour autant ?
Oui, nous avons du gel hydro-alcoolique. Mon stock s’épuise. Pour les masques, ceux pour le sommeil ou un foulard, feront l’affaire.

Potosi

Ville la plus haute au monde, à 4070 m. Bâtiments coloniaux, églises bien conservées, témoignent d’un passé prospère. Potosi était très réputée pour ses mines d’argent. Des centaines de militaires et de policiers se propagent dans les rues de Potosi. Envahissement.

Nous nous posons au Koala café avec wifi et tarte aux pommes. Les nouvelles sont alarmantes en Europe. En Amérique du Sud, chaque pays ferme ses frontières. Comme pour être en accord, le ciel s’obscurcit. Il pleut des cordes. Nous décidons de prendre une nuit dans un des hôtels les moins chers de la ville, La Casa de Huespedes Maria Victoria. Le temps de regagner nos véhicules sur un parking gardé et de retourner à l’hôtel, et nous sommes déjà trempés. Il faut faire vite ! Couvre feu après 17h. Pas question de traîner, si l’on ne veut pas se retrouver en prison avec une amende.
Je prépare une soupe à l’oignon le soir dans la cuisine lugubre de l’hôtel, aux murs sales et décrépis. Il pleut toujours. La température est en baisse. Pas de chauffage, douche froide. Je découvre dans la nuit que ma carte bleue nickel a été piratée. Grrrr… !!!Il y a des jours comme ça…

Le 19 mars : Potosi, La visite de la Mine.

Visite de la mine pour Axel et Stéphane.

Il s’agit d’une mine au terrain spécifique et rare. On y trouve toujours de l’argent, du cuivre, du zinc, du plomb, et autres métaux. Actuellement 2000 mineurs sur 7000 sont actifs. Il y a eu 5 morts ce mois-ci. La mine compte 14 étages de galeries et 900 mètres de profondeur. En compagnie de leur guide Antonio, Axel et Stéphane, ont pu pénétrer dans la mine, jusqu’au 2ème étage, à pieds, avec leur combinaison rouge et leurs présents : jus de fruit, alcool, biscuits, feuilles de coca pour les ouvriers croisés.

Les feuilles de Coca ont différentes vertus. Utilisée depuis plus de 5000 ans, plante sacrée pour de nombreux amérindiens, elle est présente dans les rituels divins, connu pour sa stimulation, elle est mâchée ou prise en infusion par de nombreux sud américains.

Je reste à l’hôtel avec Stephanie. Je règle mes problèmes bancaires, Stephanie continue de prendre les informations sur la situation du virus en Amérique du Sud et dans le reste du monde. Nous essayons de trouver un plan B, pour éviter de nous retrouver coincés dans cet hôtel à Potosi.

De nombreux messages sont envoyés, tout d’abord à l’Alliance Française à Sucre et La Paz, la capitale, puis une dizaine sur le site de Workaway, puis des Expats. Nous ne connaissions pas encore www.sosuntoit.fr, un site qui vient en aide aux français à l’étranger.

Trouver un endroit pour se poser, à moindre altitude et plus au chaud. Il fallait faire vite. Les heures sont comptées. L’étau se resserre. Des informations diverses et contradictoires nous parviennent. La circulation va être interdite après 17h, puis après 12h demain matin. « Vous ne pourrez plus sortir de la région, ni du département », nous dit-on.Je finis par aller au commissariat du quartier pour avoir des nouvelles fraîches. Un officier me répond dans un anglais basique : «  Vous vivez dans votre voiture, vous pourrez passer, vous êtes touristes,. . » Il ne croyait pas si bien dire. Malheureusement il n’en sera pas ainsi.

Axel et Stéphanie font un tour au marché pour déguster une soupe locale aux arachides, la Sopa de Mani. Nous nous laissons tenter par une pizza (ça fait longtemps). Nous sommes placés à l’autre bout, dans une autre salle. Une télévision diffuse des nouvelles en continue, sans compter un nombre de spots de prévention d’hygiène, dont les règles sont respectées approximativement. Ce matin j’ai vu des militaires s’embrasser sur les joues et se donner la main…

Puis l’après midi nous espérons visiter la Casa de la Moneda. En vain, celle-ci est fermée. Les musées, fermés. La cathédrale, fermée. Le couvent des bénédictins, fermé.

Nous changeons d’objectif. Se mettre en sécurité et à l’abri, dans ce chaos mondial dont l’étau se resserre, inévitablement.

Bonne nouvelle suite aux messages envoyés ce matin : sur Workaway, Noemi, une allemande bloquée en Suisse et propriétaire d’une ferme agro-forestière nous propose de nous accueillir tous les quatre. Youpi ! Nous sommes si contents d’avoir une destination.

Le 20 mars. Sucre et notre arrestation.

Nous espérons rejoindre Sucre, puis la ferme de Noemi demain.
Nous faisons le plein. Axel achète deux jerricanes pour stocker du diesel en prévision des futures ruptures. Il anticipe. Nous passons ensuite une heure à trouver du diesel à bas prix.
Il y a un marchand, en face de la station d’essence,  qui fait du black de carburant.
Le temps se venge, il pleut des cordes au moment où nous voulons nous arrêter pour prendre un repas rapide sur le bord de la route.

Nous arrivons à Sucre en début d’après midi. Une pause au café « Abis » pour vérifier les derniers courriers, sms, pour arriver à la ferme de Noemi. Nous y rencontrons deux autres couples français, bloqués, en attente d’un éventuel rapatriement. L’un des couples est en moto, l’autre, des touristes, visiblement blasés, venus là pour passer deux semaines en Bolivie. La ville gorge de militaires et de policiers en uniformes. Nous avons l’impression d’être en guerre ou qu’une chose terrible va arriver….

Nous avalons un café rapide et reprenons la F5, sans traîner. Il nous reste sept heures de route pour atteindre la ferme.

Visiblement les informations sont contradictoires là encore. Au 1er péage on nous dit que la circulation est autorisée jusqu’à 12h. Au deuxième c’est 18h. Et ici, à Sucre, les routes vont être fermées à partir de 16h.

A quelques kilomètres de la sortie de Sucre, deux militaires, à un poste de contrôle, nous arrêtent et nous somment de nous garer sur le côté. Nous tentons une sortie de nos véhicules pour avoir des explications, mais l’un des militaires nous ordonnent d’attendre DANS nos véhicules, faisant un signe de barrage avec sa main ouverte. « Je passe un coup de fil, ça ne sera pas long ! », s’exclame t-il. Je consulte ma montre, il est 15h20.

Au bout d’un quart d’heure il ne se passe toujours rien. Axel tente une approche et se fait remballer, toujours sans explications.

Attendre, encore et encore. Au bout d’une demie heure, je retente une approche avec Axel. « Nous voulons savoir pourquoi vous nous arrêter ? » je lance au militaire avec un ton affirmé. Il nous répond : « Un médecin arrive dans un quart d’heure et va vous examiner pour voir si vous n’avez pas le Coronavirus ! ». Nous sommes scotchés. Nous avons beau expliqué que nous sommes en Amérique du Sud depuis novembre (pour nous) et décembre (pour Axel et Stephanie), rien n’y fit. Discuter, négocier, convaincre,…c’est peine perdue. Le militaire nous explique qu’il ne fait qu’obéir aux ordres de son supérieur. Il finit par nous montrer une photo avec les deux Defender et le message « Arrêter les deux Defenders pour contrôler les papiers et la fièvre ». Nous avons été repéré et signalé ! Nous lâchons prise.

Au bout de deux heures d’attente, nous finissons par voir arriver une voiture de police, avec un agent d’Interpol. Celui-ci nous demande nos papiers d’identités, du véhicule et l’autorisation de circuler avec notre voiture. Le militaire, pour immortaliser la scène nous prend en photo. Je lui demande s’il veut bien nous prendre en photo avec mon téléphone, il est d’accord. Il y a deux heures, il était à 5 m de nous et là il est à 50 cm avec mon téléphone dans les mains et un beau sourire.

Au moment de vérifier nos papiers, Stéphane glisse à mon oreille : « Qui nous dit qu’il est d’Interpol, il ne nous a pas montré ses papiers ? ». C’est vrai ça ! Je reprends mon passeport à l’agent d’Interpol en lui demandant de nous montrer ses papiers. Il s’énerve presque que l’on puisse remettre en question ce qu’il est. Il nous montre sa veste avec l’étiquette « Interpol » collée sur le dos. Il n’a pas de papiers sur lui. Je réussis tout de même à obtenir son nom, qu’il inscrit dans mon carnet.

Pour lui, tout est en règle. Reste à attendre le médecin pour nous tester à la fièvre.

Le militaire rappelle, encore et encore. Il est en route. Il commence à pleuvoir, la nuit tombe.

Les barrières du poste de contrôle sont abaissées. Où allons nous passer la nuit ? Ici entre la boutique alimentaire et le poste de contrôle ? De l’autre côté de la route, en direction de Sucre, la file de voitures et de camions s’allonge. Plus aucun véhicule ne passera avant le lendemain à 5h du matin. Que vont faire tous ces passagers ? Dormir dans la voiture ?

Nous questionnons le militaire : « Pouvons nous circuler dans l’autre sens ? »  

« Oui, il n’y a plus de contrôle » nous rassure le militaire. Il est près de 19h. Finalement le militaire, finit son service, tente un dernier coup de fil et nous laisse repartir, à force de le supplier. 3h30 d’attente pour ça ! Sérieusement ?

Il pleut toujours, mais plus âme qui vive sur la route. Nous sommes d’accord pour rouler encore une heure, toujours pour nous rapprocher le plus possible de la ferme, près de Cochabamba. Notre chemin est semé d’embûches. C’est une route de montagnes. Il pleut toujours. Les virages sont serrés. Parfois une vache ou un troupeau de brebis traversent la route. Des morceaux de terre ou bout de roches tombent ou sont tombés sur la chaussée. Ici, un camion en panne, là une voiture. Puis quelques hameaux traversés avec des boutiques encore ouvertes. Les règles ne sont pas les mêmes partout, visiblement.

Je ne peux m’empêcher de penser à ceux qui sont en confinement, chez eux, au chaud, lovés sur un canapé, avec un plaid sur les genoux ou devant un bon plat familial bien chaud…Nostalgie !

Il est 20h. Nous trouvons un terrain vague entre un terrain de foot et une rivière, non loin de Compuerta, petit village. Nous n’avons plus le courage de nous lancer dans la cuisine, même pour une soupe en sachet. Un paquet de cacahouètes grillées fera l’affaire. Fatigués d’avoir attendu dans le froid.

En route vers la ferme à Combuyo.

Nous reprenons la route après un café rapidement préparé. Nous sommes le 21 mars.

Les gens du village, croisés sur la route nous regardent surpris, méfiants, distants. Ils ne répondent pas à notre sourire ou à notre salut de la main. Depuis hier, nous avions compris que nous n’étions plus les bienvenus. Nous représentons un danger pour la population locale. Nous sommes européens, ceux par qui le virus arrive.

Allons-nous atteindre la ferme de Noémi à temps, avant le blocus complet ?
En tout cas, nous mettons toute notre énergie pour y arriver. Hors de question de nous retrouver bloquer dans une station d’essence, un gymnase, ou je ne sais où ?

La route F5 est un tableau vivant. Paysages montagneux. Troupeaux de vaches, moutons, chèvres, ânes, …Femmes boliviennes, avec leur jupe plissée, leurs tricots colorés et leur chapeau de paille, le dos chargé avec un tissu aux couleurs multicolores. Des hommes mâchouillent, un sachet plastique vert à la main remplit de coca.

Des chiens, telles des statues, sont positionnés sur les bords de la route, parfois couchés sur la route, sous la pluie et sans crainte. Les chiens. Des chiens, toujours et encore. Qui les nourrit ?

La route se poursuivit. De nombreuses constructions en briques oranges, sont inabouties.

Un tractopelle pousse les débris tombés la veille. Des hommes en gilets jaunes nettoient les routes avec leur balai.

L’air est épais et humide. Il bruine. No body on the road. La circulation est limitée. Quelques locaux tentent de faire du stop.

Cette journée du 21 mars est très spéciale. Nous sentons la chape de plomb au-dessus de nos têtes. J’ai parfois l’impression d’être dans un film. Les heures sont comptées. Nous devons rejoindre la ferme, sans se faire arrêter, puisque nous sommes signalés. Les routes régionales et départementales vont bientôt être fermées. Nous empruntons pour cela des petites routes de traverses, pour éviter les postes de contrôle, à l’accès des grandes villes comme pour Cochabamba.

Nous sommes à plus de 2000 m d’altitude. La température s’est radoucit. Le soleil refait surface.
A Aquile, les routes sont déjà fermées. Un tas de sable haut d’un mètre empêche l’accès.

F23. Allez encore 190 km. 

Nous traversons Quillacollo et constatons les premières queues aux stations d’essence, la foule aux abords des marchés, les boliviens pressés, les bras chargés. Nous faisons le choix de pousser plus loin et de nous arrêter à Vinto, pour faire quelques emplettes, notamment de l’eau et quelques denrées fraîches. Peu de choix de légumes. Quelques tomates, poivrons verts, bananes. C’est déjà ça. Nous ignorons la situation dans la ferme. Noemi nous a laissé entendre qu’une employée, bolivienne pouvait nous préparer des repas sur place, pour 13 bol.

Allez ! Encore quelques kilomètres, quelques fausses routes empruntées et nous voilà à Combuyo ! Il est près de 16h. Nous sommes devant le porche rouge de la ferme. Victoire ! Enfin ! Nous apprenons dans la même soirée que les routes seront fermées à tout véhicule privé, à partir de minuit. Nous l’avons échappé belle ! Chanceux, nous le sommes.

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Prochain article :

Découvrez la ferme, notre confinement, les interviews d’Adelheid, de Christian et de Johanna. D’ici là, portez vous bien ! Prenez soin de vous, de votre famille, de vos amis et de votre entourage.

*Exercice de Yoga : la Salutation au soleil (cf démo sur You Tube)

Bibliographie recommandée :

**Eckhart Tolle, « Le pouvoir de l’instant présent », « Mettre en pratique le pouvoir du moment présent »
Mathieu Ricard, « L’art de la méditation ».
Georg A . Feuerstein, « Le Yoga pour les nuls ».

Petit exercice :
Quels sont vos rituels d’apaisement ? Trouvez en 10 ! et mettez-les à votre service.
Ex : prendre un petit café et lire le journal en même temps, écouter de la musique à une certaine heure, écrire quelques lignes le matin ou le soir sur la journée passée, cuisiner, observer les oiseaux, raconter une histoire aux enfants avant de s’endormir, prendre une bière bien fraîche et vous poser, dessiner, regarder un film en famille,….toutes ces choses que l’on pratique (ou pratiquait) presque quotidiennement et qui nous font du bien. Des moments d’ancrage. Parfois mis de côté, oubliés, ces moments nous apaisent et nous font du bien. Retrouvons-les ! Plus d’excuses…nous avons du temps.

Combien ça coûte ?
10 bolivianos = 1,5 euros.
3000 pesos/pers pour 6 heures de location de VTT à San Pedro de Atacama.
Visite de la mine à Potosi = 100 bols
1 journée de parking = 10 bols
1 litre de diesel = 8-9 bolivianos pour les étrangers (ou 6-7 sans facture, 4 au marché noir), 3,5 pour les locaux.
1 expresso = 9 bolivianos
1 l de Coca = 10 bols
1 l de vin = entre 22 et 28 bols
1 l d’huile = 13 bols
10 petits pains = 5 bols
1 chou fleur = 3 bols
1 chou brocoli = 2 bols

10 réflexions sur “La Bolivie, un tableau vivant

  1. Claudie Gourdel

    Protégez vous bien ! Mettez des masques et des gants, lavez bien vos mains, car c’ est incroyable, la durée de vie de cette saleté de virus, sur tous les supports. J’ ai hâte de recevoir vos prochaines news. Plein de bisous. Claudie

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  2. stephane guibert

    Bonjour a vous deux…je vous suis depuis le début mais sans prendre le temps de vous écrire…avec le Corona la perception des choses changent..j’adore ta façon de narrer les événements Mireille….j’avais eu des nouvelles fraîches par Sébastien
    Bonjour a Stéphane et prenez soin de vous deux et au plaisir de vous lire…
    Stephane Guibert

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    1. Bonjour Stéphane, je te remercie pour ton retour et tes appréciations. J’essaie de rendre les choses vivantes, de faire voyager…Il est clair qu’en ce moment les baroudeurs nomades se sédentarisent…Mais l’aventure continue, même en pause confinement…bientôt un nouvel article…merci de nous suivre, même dans l’ombre depuis si longtemps, hi! hi ! Bisous
      ,

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  3. Philippe Jourdon

    Merci. Cela fait du bien de vous savoir avec des compagnons de route en ces temps compliqués de confinement. Les photos sont splendides et font rêver. Désolé pour Stéphane qu’il ne puisse traverser ce plus grand lac salé. Prenez bien soin de vous; aussi bien vis à vis des soit disant policiers que cette saloperie de coronavirus. La biere qu’il propose n’est pas celle que l’on aime.
    Pour ce qui est des masques, vous êtes mieux équipés que nous. Ici une telle pénurie qu’il est même difficile d en trouver assez pour le personnel médical.
    Encore une fois prenez grand soin de vous.
    Plein de bisous (les virtuels sont admis).
    Philou

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    1. Merci Filou pour ton message, fidèle compagnon de lecture. Pour les masques on peut maintenant en acheter ici pour 5 bolivianos dans une « Tienda ». Je m’empresse de finir le prochain article…et tu sauras tout ou presque…Beijos Amigo !!

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  4. GHIRARDELLO Myriam et KEGAL Pascal

    Merveilleux ce partage du bout du monde avec vous. Nous nous régalons tous les deux à vous lire, et ne cessons d’admirer ce courage d’avoir écouter votre cœur et le sens que vous donnez à la vie🙏🏻. Prenez bien soin de vous, toutes nos pensées et notre amitié vous accompagnent. Myriam et Pascal

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    1. Hello Myriam et Pascal,
      Je réponds tardivement mais c’est toujours un plaisir d’avoir vos petits mots qui font chaud au coeur, surtout en ces moments de confinement. Nous le sommes jusqu’au 30 avril….Ca passe vite malgré tout. Les nomades sont désormais des sédentaires. Nous prenons ça comme une grande retraite, pas dans un couvent, au vert ! J’espère que vous allez bien, ainsi que les enfants. Des bises boliviennes

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