Enfermés dehors

Nous arrivons dans la ferme de Mollesnetja un samedi, en fin d’après midi. Nous sommes le 21 mars. Les dernières vingt quatre heures ont été mouvementées, pour nous, en Bolivie. Mais nous avons réussi à arriver à temps dans notre refuge, aux pieds des montagnes (cf art. précédent).
Don Dimetrio, employé à la ferme et Pédro, son fils, sont là pour nous ouvrir le grand portail rouge. Un peu plus loin nous croisons Johanna, l’étudiante autrichienne, là depuis huit mois. Elle raccompagne quelques étudiants boliviens retournant chez eux. Puis Johanna nous propose un verre d’eau chaude au citron, dans la petite cuisine prévue pour les personnes extérieures (volontaires, étudiants, workawayers,…). Puis nous faisons la connaissance d’Adelheid et de Christian, tous les deux allemands et hôtes de la ferme de Mollesnejta.

Adelheid a dû écourter son week-end chez Inge, une amie de Cochabamba, à une trentaine de kilomètres de là. Le confinement était annoncé. Elle revient avec un des derniers Trufis (minibus collectif).

Adelheid nous fait visiter les points stratégiques de cet immense domaine de plus de 16 hectares. La cuisine commune, les toilettes sèches, les différents composts, les emplacements possibles pour stocker nos 4×4, la belle maison de Noemi, la propriétaire de Mollesnejta, bloquée en Suisse

Les sons de la Vallée à Mollesnejta

Axel et Stéfanie, le couple allemand, qui voyage avec nous depuis déjà plus de six semaines, décident de s’installer sur le chemin le plus proche de la cuisine à environ 150 mètres. Pour notre part, nous avons une préférence pour les vues dégagées et nous nous installons, sans tarder, devant la maison de Noemi, à environ 800 mètres de la cuisine et à 500 mètres de la maison expérimentale avec douche chaude. Le terrain est en pente. Le dénivelé est de 100 mètres. Cela nous fera de l’exercice.

Le soir même nous nous retrouvons tous dans la petite cuisine du bas pour préparer et apprécier un repas commun et faire plus ample connaissance avec nos colocataires. Chacun et par deux, à tours de rôle, prépare un repas pour l’ensemble des convives.

Plus tard dans la soirée, nous apprenons que le confinement implique des sorties limitées de 9h à 12h, une fois par semaine et suivant le dernier chiffre de son numéro de pièce d’identité….Les frontières terrestres et aériennes se ferment. La circulation est stoppée entre les départements et les régions, l’accès aux villes interdites,…Le non respect de ces règles implique une forte amende et huit heures d’emprisonnement.  

Notre état d’esprit vagabonde. Sentiments partagés. Epuisés de ces dernières vingt-quatre heures mouvementées et heureux d’être arrivés en lieu sûr.

La nuit, la pluie s’annonce et clapote tendrement sur Fendi. Baptême de bienvenue ?

Fendi ne bougera plus pendant un bon moment, puisqu’il est interdit de circuler, même pour les courses.

Notre 1ère semaine de « Lockdown » : S’installer et prendre ses repères.

Le lendemain, dimanche 22 mars, Adelheid me propose de faire un tour, à pieds, dans le village de Combuyo, à un peu plus d’un kilomètre de la ferme de Mollesnejta, pour repérer les « Tiendas », magasins d’alimentation et le petit marché, abri de tôles, sous lequel se réunissent quelques femmes avec leur gros baluchon de tissu coloré sur le dos, rempli de légumes. Aujourd’hui il y a des haricots verts, du chou blanc, des carottes, des oignons, du brocoli et du chou fleur. Je comprends qu’il est inutile de se faire une liste des courses. J’achète ce que je trouve et je compose le menu ensuite.

Plus tard, je découvre la « Tienda » de Lise, particulièrement propre et bien achalandée. Mais Lise est également une excellente commerçante. Le sourire aux lèvres, le regard direct, sa réactivité et son sens du conseil et de la pro-activité. Que mas ?  (quoi d’autre ?). Si je réponds : Es todo ! (c’est tout !), elle me lance : Tengo Spaguettis, Yaourt,… (j’ai des…)…Petit maligne !

Nettoyage et rangement

Pendant cette première semaine, nous prenons tout d’abord nos marques. Installation, lessives, démontage des box, nettoyage intérieur et extérieur de Fendi, rangements et tri de chaque sac, box, rien n’est laissé au hasard. Avec le parcours des dernières journées, du côté de Uyuni, sur les routes des déserts de sable, sel et de poussière…ce nettoyage de printemps est essentiel pour éviter la corrosion.

Avec Stéfanie, nous décidons également de nettoyer la cuisine commune. Un bon coup de balai, un tri des aliments périmés, le point sur le stock des farines,…Reconnaissance. Les poubelles sont vidées, les étagères débarrassées de leur poussière. La fée du logis a encore frappé ! Une de mes devises : Toujours penser à son confort personnel avant de nous occuper des autres ou du reste. Question de disponibilité et de mieux être avec soi-même et les autres.

Noemi avait eu la gentillesse et la pertinence de répondre rapidement et favorablement à notre demande de stationnement dans sa ferme, en passant par le site de Workaway.

La situation est particulière en ces temps de confinement. Que pouvons nous faire dans la ferme pour nous rendre utiles ?

Nos principales tâches

Nous sommes maintenant disponible pour commencer à construire l’un des trois murs que Noemi nous a demandé de réaliser sur une des parcelles. Terrassement en prévention des pluies diluviennes (il pleut sur 4 mois), pour protéger les jeunes pousses d’arbres.

Le son des oiseaux au matin

Les autres tâches consisteront à garder la maison de Noemi. Faire en sorte que le lieu reste propre, arroser les plantes extérieures, nourrir le petit chat gris, rendre compte des quantités de pluie tombées, couper l’herbe, enlever des mauvaises herbes autour de la maison et sur les chemins, nettoyer les toilettes sèches, écrire un article sur la ferme de Mollesnejta (sur ma proposition, projet article),…

Le temps des courses

Nous sommes le mercredi 25 mars. Je sors faire les courses à Combuyo avec Axel. Sac à dos et sac dans chaque main. Nous visitons trois « Tiendas » ce jour là. Mon panier est maintenant garni de pain, d’huile, de fromage (deux au choix), de concentré de tomates, de lessive, de deux cannettes de bière bien fraîches et d’une bouteille de vin rouge bolivien….Ne sachant jamais trop à l’avance ce que les Tiendas ont en stock, il est nécessaire d’en faire plusieurs et cela prend du temps, et du temps nous en avons.

Un détour au marché nous permet de compléter nos sacs de produits frais. Trois femmes boliviennes, avec leurs tresses, gilet et jupe plissée, vendent ce jour là, du brocoli, des haricots verts, des épinards, des tomates,…

Sur le retour du chemin, Axel interpelle des habitants pour leur demander s’ils vendent des pommes (il y a un pommier dans leur jardin). Quelques minutes plus tard, nous repartons avec un kg de pommes gratuit.

Un confinement jusqu’au 15 avril.
Le même jour nous apprenons, par un mail de l’ambassade française à La Paz,  qu’un vol retour vers la France est organisé ce samedi 28 mars à 18h. Nous réfléchissons, chacun de son côté. Pour nous rendre compte que ni Stéphane, ni moi n’avons l’intention de rentrer.

Et ce n’est pas l’envie qui nous manque de revoir la famille et les amis. Pourquoi ?

  • Où aller ? Nous n’avons plus de chez nous.
  • Même si la famille, des amis acceptent de nous héberger, se retrouver en mode « confinement » peut devenir pesant
  • Nous n’aurions pas de possibilités de voir nos familles et amis
  • Fendi serait abandonné. Nous pouvons laisser un véhicule, en Amérique du Sud, maximum 90 jours. Seul l’Uruguay autorise sur une année. Nous sommes en Bolivie et les frontières sont fermées pendant un bon moment.
  • La ferme est chouette. Même isolés, nous avons de l’espace et nos repères sont trouvés.
  • La France est plus dangereuse pour nous. A l’heure actuelle la Bolivie compte 2 cas**, 0 mort, contre 25 233 cas confirmés et 1331 morts à la même date.

* Depuis des amis nous ont proposé un appartement.
**Aujourd’hui 12 avril, la situation a vite évolué. La Bolivie compte 300 cas et 2 personnes guéries. En France 95 403, dont 27186 sont guéries et plus de 15 000 personnes décédées.

La nouvelle tombe ce soir. Jeanine Anez, la présidente par intérim, très controversée, de Bolivie, annonce le confinement jusqu’au 15 avril.

Jeudi 26 mars : Partira, partira pas

Messages d’espoir pour un éventuel rapatriement pour Adelheid, Johanna et Christian, puis silence radio ou impossibilité de se déplacer sans autorisation pour les taxis. Adelheid, Christian, Johanna, vont finalement rester encore cette semaine, faute de moyen de locomotion jusqu’à Cochabamba.
Si des questions se posent tout au long de la journée et restent sans réponses, au moins on est sûr d’une chose : qui fera à manger ce soir ? C’est fou comme on se raccroche aux besoins primaires.

Notre petite cuisinière

Pour ce soir, c’est à moi de faire à manger : je prépare une soupe à l’oignon (avec croutons, mais sans fromage) et riz pilaf avec tomates à la provençale. 2 bouteilles de rouge bolivien, sont ouvertes. Eh oui ! Nous sommes sept à table. Ca fait des bouches à nourrir et à sevrer.

Y aura t-il un autre vol pour le rapatriement ? Nul ne le sait. Les incertitudes pèsent et nous font tourner en rond.
Nous devons composer au jour le jour. Pour les courses, la préparation des repas, tantôt 7, 8 (si Petro reste manger avec nous), ou 4 si les autres s’en vont. Difficile d’anticiper.

Je me rapproche d’Adelheid avec qui je partage parfois mes états d’âme. 1m68 environ, la silhouette frêle, la coupe au carrée, le regard bleu-gris, Adelheid paraît plus robuste qu’elle n’en a l‘air. Que vient donc faire cette femme de 57 ans, enseignante en français à Münich, dans cette ferme, au fin fond de la Bolivie ?

Le voyage ne s’arrête pas ici à Combuyo. Vous l’avez compris.

Adelheid fière de montrer l’arbre qu’elle vient de planter : un Ginkgo*

Interview d’Adelheid

J’ai voulu en savoir un peu plus sur cette femme, son parcours, ses motivations. Adelheid a répondu favorablement à ma demande, écoutez-la :

Adelheid se présente
Adelheid 2, Pourquoi maintenant ? C’est quoi tes tâches principales ?
Adelheid 3, Bénéfices de l’expérience
Adelheid 4, Etat d’esprit du moment

Merci Adelheid pour le temps accordé.

*Ginkgo est un arbre très ancien, d’origine chinoise . Il est très robuste, tout en étant un répulsif pour les insectes. Goethe, le poète allemand, a écrit sur les Ginkgo. Cette arbre a également des vertus pour la mémoire. Il existe des capsules à base de Ginkgo.

Notre 2ème semaine de « Lockdown » : Des sentiments partagés.

Beaucoup d’entre vous connaissent certainement ces phases par lesquelles nous voyageons lorsqu’un changement se présente à nous, sans compter les émotions associées. Courbe du deuil, Courbe du changement, (travaux d’Elisabeth Kübler-Ross) …qu’importe leur appellation, vous vous êtes certainement retrouvé dans l’une et plusieurs de ces étapes.

La courbe du Changement

Celui commence par le CHOC de la nouvelle, on est sidéré…

Viens le DENI : Ca n’est pas si grave ! C’est une grippe passagère…Nous sommes loin des problèmes, le virus est surtout présent en Europe, rien ne peut nous arriver ici…

Puis la PEUR : Non, le virus arrive, les cas se multiplient, les morts se comptent par milliers….La peur nous amène à faire des actes irréfléchis, comme ces achats compulsifs, ou s’immerger d’infos, on a d’avantage tendance à se plaindre, on s’énerve plus facilement, …La colère, la culpabilité, l’impatience, font parfois surface…

Puis la TRISTESSE : déprime, je me rends compte de ce qui n’est plus, de ce que j’ai perdu, cette liberté de mouvement, d’aller à la rencontre de l’autre, de visiter, d’aller où bon nous semble, de camper en « wild »,…et puis nous réalisons que nous pouvons aussi perdre des membres de notre famille, des amis,…

Suivi de l’ACCEPTATION : avec une prise de recul, une réflexion, je commence à lâcher prise sur ce qui n’est pas contrôlable, reconnaître que chacun fait au mieux, et je commence à écouter moins les informations et surtout à les filtrer, je commence à m’occuper d’autre chose, …

Puis la QUETE DE SENS : je me décentre, je réfléchis à comment je peux être utile aux autres, je reste positif, j’entretiens patience,…J’entretiens ma quiétude,…je pratique des activités pour gérer mon stress, je suis créatif, innovant,…je trouve des solutions à la situation nouvelle.

Stéphane a ressenti de l’IMPUISSANCE par rapport à la situation. Le fait d’être loin de ses parents, ses enfants, s’il arrivait quelque chose…ne pas pouvoir agir. Pour ma part, j’ai été souvent dans alternance entre la PEUR, avec l’émotion de la TRISTESSE puis l’ACCEPTATION et la QUETE DE SENS. Pourquoi la tristesse ? J’ai réalisé que nous pouvions perdre des êtres chers, loin…et puis notre aventure, pleine de liberté, allait s’arrêter. Un rêve se brise. Et puis dans l’acceptation, j’ai réalisé que notre voyage allait se transformer, devenir meilleur et que l’on pouvait y mettre encore plus de sens. Si nous avons atterri dans cette ferme agro-éco-forestière, ce n’est pas un hasard. Il y a des choses à connaître, à apprendre, et à intégrer dans nos vies. L’erreur serait de passer à côté.

C’est aussi ma croyance que tout doit servir à quelque chose. Nos erreurs, nos échecs, les situations difficiles traversées, les changements, et puis cette pandémie.

Je me rends utile, je réfléchis à « comment je peux mettre ce temps à profit ? »

Interviews de Christian

Christian et Johanna vont bientôt partir…je veux en profiter pour recueillir leurs expériences de la ferme de Mollesnejta, pour vous les partager et par la même occasion, valoriser leur parcours et rendre les choses moins dures avant leur départ.

Ecoutez Christian, il parle en allemand. Vous trouverez la traduction ci-dessous, en italique :

Christian se présente

Peux tu te présenter Christian et nous parler de ton projet ?
 « J’ai 24 ans. J’ai fais un Bachelor dans l’Agriculture, un Master en Science des Cultures. J’ai souhaité me perfectionner dans l’agroforesterie, parce dans une démarche écologique cela a du sens pour moi . Ca fait 6 mois que je suis dans la ferme de Mollesnejta. » 

Christian 2, Le projet

« Mon projet d’agroforesterie consiste à implanter du café. Pourquoi ? Tout d’abord j’aime le café. En principe, ici à 2800 m d’altitude, ça n’est pas l’idéal pour planter du café. Il fait trop froid la nuit, le soleil peut être trop fort le jour, mais je voulais tout de même faire un essai en agroforesterie, avec des arbres accompagnants. A trois mois, les plants de café se sont bien accommodés.

Christian 3, La production du café
Plant de Café. Les cannettes vides sont là pour signaler la présence

Christian, que vont devenir les plants de café ?
« Le café va mettre entre 3 et 6 ans pour envisager une première récolte. Cela dépend du climat. Beaucoup d’ombre est nécessaire. Il faut régulièrement couper les plants. J’aimerais revenir dans trois ans pour goûter mon propre café.

Christian 4, Les arbres accompagnants

Christian, quels sont les « arbres accompagnants » bénéfiques au café ? Quels sont ceux que tu as plantés ?
J’ai planté 5 arbres différents autour de mes plants de café. Tous ces arbres captent l’azote, indispensable, et le redistribue à la plante.
Le Schiri Molle par exemple, a un autre avantage celui d’être un répulsif pour les insectes.
Les 4 autres arbres sont : le Jacaranda (pare-feu), le Pacay, (fixe l’azote) le Schinus Molle et l’Erythrina (pousse très rapidement, apporte oxygène et fixe les bactéries).

Christian 5, Expériences et bagages ?

Christian, est ce ton premier stage à l’étranger ?
Non, j’avais déjà travaillé 3 mois, dans une grande ferme au Canada. Mais j’étais simple employé, je conduisais un tracteur pendant 16h par jour. Puis quelques stages en Allemagne, pas aussi spectaculaires, mais toujours d’une durée de deux trois mois.

As-tu des parents qui travaillent dans ce domaine ?
Mon père a un bagage dans l’agriculture. Ma grand-mère avait une ferme. Lorsque j’étais petit, je passais du temps chez elle. J’avais déjà des dispositions pour travailler dans l’agriculture.

Christian 6, Apprentissages

Christian, qu’as tu appris dans cette expérience à la ferme de Mollesnejta ?
J’ai appris beaucoup sur la culture bolivienne. Sa politique et la période électorale avec les protestations, la période du Coronavirus, assez prenante,…

J’ai beaucoup appris. J’ai consolidé mes connaissances de base en agroforesterie, importantes pour l’avenir. Le fait de pouvoir pratiqué ici, même à une petite échelle, avec des moyens manuels (pas de machines) a été très enrichissant pour moi.

Peux tu donner un exemple ?

Il y a beaucoup d’avantages à planter des arbres. Ne serait ce que par rapport à l’érosion, le maintien de l’eau,  à la sécheresse, d’ailleurs mon sujet de mémoire de Master est sur : « le stress de la sécheresse ». On a beau activer des petits leviers, les arbres et leurs avantages sont une solution sur le long terme et constitue un gros levier. Ce sont des réservoirs d’eau et ils protègent les autres plantes. En Bolivie, il ne pleut pas pendant 8 mois.

Merci Christian pour le temps accordé.

Interview de Johanna

Ecoutez Johanna : elle parle en allemand. Vous trouverez la traduction ci-dessous, en italique :

Johanna se présente et parle de son projet

« Je m’appelle Johanna. J’ai 24 ans. Je suis autrichienne. Je viens d’un petit village du Nord. J’ai fais mes études en Management culture de la terre, écologie à l’Université de Vienne. Avant de continuer sur un Master, je voulais avoir une expérience pratique à l’étranger. Je parle couramment l’espagnol.

Quel est ton projet, à la ferme de Mollesnejta
« Je suis là depuis 8 mois. Depuis la mi-novembre, j’ai commencé à travailler ma propre parcelle d’agroforesterie. Je voulais associer des arbres fruitiers, des arbres accompagnants et des légumes. J’ai planté 5 arbres fruitiers. Pour cela,
j’ai dû creuser un gros trou d’un mètre. J’ai enlevé tous les cailloux (la terre est plein de cailloux). J’ai rebouché le trou avec du carbone, des engrais naturels, du fumier, des branches, …pour enrichir la terre, avant de commencer à planter mes arbres, mes céréales, mes légumes,…Un mélange de cultures annuelles et saisonnières.
J’ai planté deux pêchers, deux avocatiers, un Pacaï (arbre ancestral du pays, riche en fixation d’azote).
Concernant les arbres accompagnants j’ai rajouté un citronnier, un « tagesaster », un arbre à tomates,
Puis les légumes : du maïs, des haricots, des carottes, de la salade, des fleurs de capucines (se mangent).

Johanna 2, son organisation, ses apprentissages, son état d’esprit

Comment tu t’y est prise pour organiser ton jardin ? Y a-t-il une logique ?
Dans l’agro-foresterie on tient compte de l’association des plantes et arbres entre eux. Ici pousse une plante appelée « Pisse moi dessus », elle est répulsive par rapport aux insectes, ou ces plantes couvrantes, pour retenir le pollen lorsqu’il y a du vent, ou pour les plantes qui retiennent l’eau comme le « Tagesaster » (racines profondes, autonomie grande en cas de saison très sèche), ceux qui apportent des éléments nutritifs au sol,…

Johanna, qu’est ce que tu as appris de Noemi dans ces 8 mois ?
« Question difficile. J’ai appris que chaque plante avait ses besoins, ses qualités propres. Comment les respecter au mieux en procédant à des combinaisons de plantes pour en tirer le meilleur parti tout en enrichissant la terre ? J’ai appris comment couper les arbres fruitiers, en août et septembre, quelle branche doit rester ou ce qu’il faut couper.

Comment tu te sens de rentrer plus tôt que prévu ?
C’est dommage pour moi de rentrer. Je devais rester encore deux mois. Une autre saison démarre avec d’autres travaux. En mai et juillet, j’aurais pu apprendre les différentes techniques pour valoriser les arbres fruitiers (greffe, transplantations). Associer un arbre fruitier comme un pommier pour avoir de belles pommes, et d’autres pour avoir une bonne implantation (racines profondes), la combinaison des deux par des techniques de greffe permet d’avoir des fruits optimisés.

Ton jardin est magnifique Johanna ! Merci pour le temps accordé et tes éclairages.

Le départ d’Adelheid, de Johanna et de Christian.

Johanna, Christian, Adelheid, Pedro et Don Demitrio

Nous sommes le jeudi 2 avril. Christian et Johanna vont également quitter la ferme de Mollesnejta. Un vol est prévu ce vendredi 3 avril. Ils seront accueillis dans leur famille respective. Adelheid retrouvera son appartement avec sa fille et son fils. Christian et Johanna retournent chez leurs parents.
Les sacs à dos sont posés là, sur un banc, à l’extérieur de la cuisine. Ca sent le départ imminent. Cette fois-ci une agence de voyage, orchestrée par l’ambassade d’Allemagne, a mis en place un ramassage des brebis égarées. Je veux parler des ressortissants allemands en désir de retour au pays. Taxis et Truphis (bus collectif)ne sont plus autorisés à circuler, sauf autorisation spéciale du gouvernement. Nous leur faisons nos adieux, la gorge légèrement serrée. Nous restons tous les quatre, silencieux. Mesurons l’instant. Chacun se demande « Et nous ? Combien de temps allons-nous rester là ? ». Personne n’a la réponse.

Notre 3ème semaine de « Lockdown » : Une acceptation bien rythmée.

A quel moment pouvions nous prétendre avoir autant de temps pour soi, pour les autres ? Combien de fois me suis je dis « il faut se poser », surtout ces derniers jours.

Le rythme effréné de nos parcours de baroudeurs nous laissait parfois juste le temps de s’installer, préparer à manger, faire la vaisselle, écrire quelques lignes, préparer l’itinéraire du lendemain et se coucher, lire. Hors du monde. Loin des connections internet.

Les journées sont, à présent, bien occupées, mais nous avons aussi appris à ne rien faire (sauf Stéphane qui avait déjà bien développer cette ressource auparavant, hi ! hi !).

Faute de ne pouvoir maîtriser le temps du confinement, nous avons celui de pouvoir choisir ce que nous voulons en faire et comment nous souhaitons le faire. C’est une réelle chance.

Et puis il y a le lieu. Cette ferme. Ce terrain immense avec ses arbres, plantations, fleurs…la vue extraordinaire sur les montagnes andines. Nous sommes enfermés oui mais dehors, dans ce parc naturel avec des chiens, des chats, des ânes, des lamas, des lapins et des hamsters (que les boliviens aiment manger)…le chant des oiseaux au matin et même tout le long de la journée, ….Nous avons même une chambre à présent. Ce qui amène un peu plus de confort et d’espace intime.

Nous ne sommes pas seuls.

En plus d’Axel et Stefanie, il y a également Don Demitrio, Donna Crescenca et Pédro. Ils vivent à l’entrée de la ferme, dans le bas du terrain. Malgré l’éloignement, nous avons l’occasion de les saluer et d’échanger quelques mots en espagnols avec eux, même si leur langage principal est le Quechua (d’ailleurs langue officielle au Pérou depuis 1975). Cette langue amérindienne, pratiquée par un peu moins de 10 millions d’amérindiens, dont des argentins, des colombiens, chiliens et équatoriens (Kichwa).

Je pense à ceux confinés dans de petits espaces, à plusieurs et en ville, ceux qui continuent de travailler à domicile ou ailleurs, ceux seuls avec leurs enfants, devenus des petits monstres à cause du manque de sortie, de contacts,….

Chant des oiseaux 2, dans la ferme de Noemi

Il s’agit donc de revoir ses priorités. Encore une fois. De faire avec bien moins et mieux. De se reconnecter avec ses réels besoins du moment.

Les activités s’alternent entre : Yoga, étirement, méditation, lecture, dessin, téléphoner aux familles et amis, écouter le chant des oiseaux, admirer les paysages, prendre du soleil, se balader (Stéphane surtout avec Axel), apprendre l’espagnol, faire les courses, coudre, faire des lessives, cuisiner, faire de l’administratif, écrire les articles, compléter le blog, regarder des films, réaliser les tâches de la ferme (cf plus haut « nos principales tâches »)

Le 7 avril nous apprenons que Chochabamba et les environs, dont Combuyo, sont mis en lock down complet pendant une semaine. Interdiction de sortir, même pour faire les courses. Deux cas de Coronavirus ont été détectés dans le village d’à côté, à Quillacollo.

Ambiance du matin, le dimanche de Pâques, 12 avril
Les « Chicherias » sont des endroits publics pour boire la Chicha (bière de maïs) et écouter de la musique

Notre 4ème semaine de « Lockdown » : la routine s’installe….une affaire qui risque de durer

De temps en temps nous prenons deux bonnes heures, le matin, pour continuer la construction des trois murs, en terrassement. Nous venons d’en finir un. On se croirait à Cayenne, dans la prison. Enfermés dehors et forçats. Débroussailler, chercher les pierres les plus grosses à quelques mètres, les transporter avec ses bras ou brouette (perso j’ai adopté cette technique), les déposer au pied de la construction, repartir, chercher et soulever les pierres, etc… Mais il faut bien se rendre utiles. J’avoue que ça n’est pas ma tâche préférée. Le dos en prend un sacré coup !

Le 14 avril, jour de l’anniversaire de Stéphane.

Nous réussissons tout de même à marquer le coup avec une cannette de bière le midi que nous partageons et une bouteille de vin, accompagnant le repas du soir. Stefanie a préparé un plat indien à base de potiron, carottes et tomates, Axel a préparé une salade de choux à la mode bavaroise (vinaigre réchauffé) et pour le dessert, j’ai préparé un cake avec les citrons du jardin.

Stéphane me confie le soir : « je n’ai jamais reçu autant de messages pour mon anniversaire. Ca n’a pas arrêté ! » Confinement ou éloignement ? Mon cœur balance.

Confinement prolongé jusqu’au 30 avril

Dans les prochaines heures nous apprenons que le confinement est prolongé jusqu’au 30 avril. Toutes les frontières, terrestres, maritimes, aériennes sont fermées. L’Argentine, le Pérou,  prolonge son confinement jusqu’au 26 avril.

Le jeudi 16 avril, fin du confinement total, sans sortie.

Annonce du matin dans Combuyo

Réveil. Nous entendons le son de l’annonce quotidienne au loin. Recommandations pour le confinement, règles à respecter et autres paroles prononcées que nous ne comprenons pas. Le petit déjeuner est préparé. Puis nous nous rendons au village de Combuyo, vers le marché et les premières « Tiendas » pour faire le plein de vivres. C’est une belle promenade d’une heure trente à deux heures.
Les paysages traversés sont beaux. Montagnes andines au loin, champs de choux, salades, haricots, céréales, …des vaches, cochons, chiens, sur notre chemin.

Sara

Il n’y aura pas Sara, la jeune femme bolivienne, rencontrée la semaine dernière et il y a deux semaines. Nous nous étions accordés pour faire un échange linguistique. Elle souhaitait se parfaire en français et nous notre espagnol. Nous nous étions autorisés une heure de conversation, pendant nos courses, puis sur un banc d’abri bus. Nous espérons la revoir.

Nous remplissons nos sacs à dos et sacs de courses avec des patates, carottes, tomates, chou, oignons, mandarines, bananes, papaye,…et un drôle de légume, de couleur jaune, du Oca*, une plante venue du Pérou.

Au retour, nous passons dans la Tienda de Lise, cette fois ci sans masque et gants, les grilles du magasin ouvertes. Elle nous lance : « te perdiste ? » (vous vous êtes perdus ?). Nous étions peut être de ceux qui ont vraiment appliqué la consigne stricte du confinement total. Peu importe. Nous avons tenu une semaine sans sortir.

Les sacs se remplissent d’œufs, de farine, de lait, de café (en sachet), de vin (deux bouteilles pour une semaine), de poivre, de sel, de pâte, du dentifrice…elle n’a plus de fromage, plus de viande, pas de beurre (que de la margarine).
Pour la viande, nous trouvons facilement : du poulet (d’une couleur orange) et parfois des saucisses de Chorizo à griller.
Seul Axel, qui file à Vinto en vélo (celui qu’il a réparé) toutes les semaines pour ses courses, trouve tous ce qui lui est nécessaire. Vinto a un grand marché.

Petite remarque sur le Café. La Bolivie est un petit producteur de café Arabica, loin derrière le Brésil ou la Colombie. La culture du café est centrée dans la région des Yuncas, au Nord de La Paz, la capitale. La région de Santa Cruz est celle qui exporte le plus de café. Avec tout ça on ne trouve pas de café en grains, ni de paquet de café de 250 gr. Que de sachet de 50 gr, de qualité très moyenne, ici à Combuyo.

Ocas

Les Ocas*, cru se coupe en rondelles et peuvent accompagner vos salades ou cuit et le Oca devient accompagnement original pour vos viandes (porc ou volaille).

Je vous livre deux façons de les cuisiner :

1) Couper en petits cubes avec des pommes de terre grillées, à la poêle. Rajouter les cubes de Oca un quart d’heure avant la fin de la cuisson.

2) Recette de Oca caramélisé.

Couper les Ocas en deux, dans le sens de la longueur. Faire fondre du beurre dans une poêle. Faites dorer les Ocas pendant 5 minutes, en remuant. Rajouter du miel (ou du sucre) et faites encore cuire 5 minutes.

Bon, j’admets ça va pas être facile à trouver pour vous. Mais gardez l’idée au chaud.

Nous essayons de varier les plats, avec les moyens du bord. L’autre soir Axel et Stéphane ont préparé le four de Don Dimetrio et Donna Crescenda pour faire cuire un poulet. C’était long, très long. J’en ai profité pour faire un cake.

Là, je vous entends déjà…pourquoi pas faire des pizzas ou des tartes flambées ? A voir…
Je dois convaincre mes compatriotes de confinement….

Jour de pluie

17 avril, jour de pluie. 7mm. Il a plu la nuit et ce matin. Pourtant nous étions bien décidés de continuer la construction des murs. Partie remise à demain. Il fait même frais. Les température oscillent entre 3°,la nuit et 11°,le jour. La moyenne des derniers jours varie entre 4° et 18°. Stéphane et Axel installent des câbles pour améliorer la connexion internet.

Je me réfugie dans la cuisine commune du bas pour finir cet article.

Un autre jour, en remontant de la cuisine

20 avril. Lessive et sortie courses. Les changements se font sentir : masque pour la plupart des personnes croisées. Un tracteur passe avec une pulvérisation de désinfection. Nous en prenons plein les yeux ! Nous sommes chanceux aujourd’hui au marché. Nous y trouvons des pommes, des pêches de vigne et de la papaye.

Comment se comportent les locaux à notre égard ?

Les gens nous saluent per un « Buenas Dias », certains gardent leurs distances. Mais la plupart sont très polis et nous regardent parfois surpris. « Que font-ils encore là ces deux là ! » doivent-ils se demander.

Jeudi 23 avril, journée spéciale, nous projetons d’aller à Vinto, à pieds (toujours interdiction de prendre la voiture), à 6 km de là, pour changer d’air, trouver un distributeur et acheter du poisson. Normalement nous ne devons pas quittons notre zone d’habitation, sortir qu’une fois par semaine de 9h à 12h pour faire nos courses. De nombreux contrôles militaires sont à prévoir. Photocopie des passeports et arguments sont prêts !

A venir

Dans le prochain article, je vous parlerai davantage de la ferme de Mollesnejta et de l’histoire de Noemi, la propriétaire des lieux. De son engagement. De la mission qu’elle s’est donnée.

D’ici là portez vous bien ! Prenez soin de vous et des autres. Et pensez à nous mettre un petit mot, une question, vos impressions et sentiments dans ces moments de confinement (dans les commentaires). Merci !

18 réflexions sur “Enfermés dehors

  1. Christian Fehr

    Bonjour les amis , merci pour vos partages, je garde un excelent souvenir de mon passage en Bolivie et du votre a Salvador . Ici au Bresil le confinement est tres peu suivi pour une volonté politique deliberée et par le besoin vital des gens a ne pas mourir de faim (aides difficile a obtenir )cela ne presage rien de bien , cumuler une crise sociale, humanitaire et economique .
    Fini pour l instant mes rencontres avec les tortues de mer a Barra je profite du jardin et de ses locataires et comtemple la mer . Aurilda est dans son jardin et Gabriel dans ses revisions a la maison .
    Nous sommes bien on vous embrasse fort

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    1. Hello christian,
      Oui la Bolivie a l’air si chouette. Nous étions à nos premières découvertes…Peut être nous restera t-il du temps pour découvrir une autre partie du pays à la fin du confinement, maintenant annoncé le 10 mai. Effectivement au Brésil la situation se corse.Je lis la presse internationale qd je peux.
      Votre maison et votre jardin sont un havre de paix. De beaux souvenirs de notre passage à Salvador de Bahia. Des bises à Aurilda. Le prochain article devrait l’intéresser…Et plein de soutien pour Gabriel dans ses révisions pour ses concours. J’espère que tu pourras faire des sorties baignades bientôt ! BISOUS

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  2. Yvon Colette

    Bonjour à nos Boliviens préférés. Ici, là-bas, tous confinés, je suis fascinée par la dimension planétaire !
    De la contrainte, je suis passée à l’acceptation. Parfois, je me surprend à penser que c’est un mal pour un bien..
    Vous êtes tjs aussi rayonnants de joie et bonheur. Merci pour ce partage. Ne vous arrêtez pas. Vous avez encore à parcourir et nous faire découvrir ! Quelle est votre prochaine destination ? Je suis curieuse de connaître un peu plus le parcours de Noémie.
    À très bientôt. Bisous de France 😘. Colette.

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    1. Bonjour Colette, Toujours un plaisir de te lire. Merci pour ton partage sur comment tu vis le confinement. Notre prochaine destination ? Cela devait être le Pérou…mais tout dépend de l’ouverture des frontières ici et pour les pays limitrophes. Plein de bisous et profite bien de ton jardin, petite veinarde.

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  3. Gilbert FERRIERES

    Bonjour Mireille et Stéphane, quel plaisir de lire votre reportage sue cette situation particulière, tes écrits et photos sont si bien organisés que je m’ imaginais avec vous, moi qui parle couramment l’espagnol. Vraiment merci pour ce récit de votre confinement. Au passage avec du retard, bon anniversaire Stéphane, un de plus ! ici c’est toujours pareil… on confine, nos amis nous manquent …mais qu’y faire ? Si depuis deux jours il pleut, une belle pluie fine qu’on attendait car c’était extrêmement sec. Bonne continuation , portez vous bien, bon courage, Bises , Gilbert Cathy

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    1. Hello Gilbert, fidèle compagnon depuis notre rencontre au Sénégal, sur cette magnifique plage près de Nianning. C’est l’effet voulu, de vous emmener avec nous. merci pour ton retour. Stéphane te remercie pour tes souhaits. Pour ce qui aiment le contact, les rencontres, les discussions, le côté convivial, ….toutes ces choses commencent sérieusement à nous manquer, à nous aussi. Patience, patience,….nous serons des boulimiques sociaux au retour….
      Bises à vous deux !

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  4. Christine ALIPHAT

    Coucou les confinés de Bolivie, c’est toujours un grand plaisir de lire vos articles, on partage un peu de votre vie !
    Votre confinement ressemble un peu au nôtre, on réinvente nos vies, pour nous enfermés dedans, on fait avec les moyens du bord, on cuisine, on lit, on écrit, on confectionne des masques et on cause beaucoup avec les enfants. On encourage Titouan pour son mémoire, il avance👍 ! Nos petits parisiens réinventent aussi leurs vies de confinés et ils s’en sortent bien !
    Boulot en télétravail pour moi, pas simple de ne travailler que par écrans interposés mais on a du boulot et surtout une paye à la fin du mois ce qui n’est pas forcément le cas de tout le monde ! On relativise et on profite de ce temps de pause imposé pour voir la vie différemment 😉 et cogiter à l’avenir !
    Contents de voir que vous allez bien, merci pour vos belles photos et vos partages, profitez, votre expédition a pris un tour nouveau depuis ce confinement, c’est peut-être un mal pour un bien au final 😉 !
    Bisous des bords de Loire où le soleil si agréable depuis des semaines nous fait défaut depuis 3 jours… Dommage on s’était bien habitués ! A bientôt, prenez bien soin de vous !

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    1. Coucou Christine, la vie des confinés d’ici ou d’ailleurs a des ressemblances. Nous tentons de s’y adapter au mieux. Merci d’être présente pour Titouan. Est ce un mal pour un bien ? Je n’en sais rien. Mais effectivement en faire quelque chose qui nous élève et nous fait prendre conscience de ce que nous voulons vraiment vivre dans nos vies. Plein de bisous et merci fidèle lectrice…
      Des bisous à Jean Pierre et merci à lui pour sa présence sur Facebook.

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  5. JAUNET

    Bonjour à vous deux
    Je comprends que pour vous il est difficile d’être loin de votre famille mais votre aventure est merveilleuse et vous donnez autant que vous recevez
    Vous vivez la réalité dans un monde réel pas comme nous
    profitez, le temps passe trop vite et nous n avons qu une seule vie
    Continuez à nous faire rêvé ça nous fait que du bien .
    Et quel plaisir de te lire
    Biz à vous deux

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  6. JAUNET franck

    Bonjour à vous deux
    Je comprends que pour vous il est difficile d’être loin de votre famille mais votre aventure est merveilleuse et vous donnez autant que vous recevez
    Vous vivez la réalité dans un monde réel pas comme nous
    profitez, le temps passe trop vite et nous n avons qu une seule vie
    Continuez à nous faire rêvé ça nous fait que du bien .
    Et quel plaisir de te lire
    Biz à vous deux

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    1. Bonjour Franck ! Quelle surprise…Il y a des gens qui nous suivent et nous ne le savons pas toujours…Merci pour ce mot.
      Nous sommes en stand bye…mais tant de choses encore à découvrir ici en Bolivie.
      Oui, qu’une vie, vivons la ! La fameuse réplique Defender : « ONE LIFE, LIVE IT »
      BISES

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